Logo EHESS

baobab
Base de données des enseignements et séminaires de l'EHESS

  • Accueil
  • 2017-2018
  • Enseignements
  • Histoire critique de l'art (XVIe-XXIe siècle) : le partage des savoirs, entre arts visuels, sciences humaines et sociales

Histoire critique de l'art (XVIe-XXIe siècle) : le partage des savoirs, entre arts visuels, sciences humaines et sociales

  • Jérôme Bazin, maître de conférences à l'Université Paris-Est/Créteil Val-de-Marne ( Hors EHESS )
  • Pascal Dubourg Glatigny, directeur de recherche au CNRS ( CAK )

    Cet enseignant est référent pour cette UE

  • Catherine Perret, professeur à l'Université Paris 8 Vincennes-Saint-Denis ( Hors EHESS )

S'il s'agit de l'enseignement principal d'un enseignant, le nom de celui-ci est indiqué en gras.

Vendredi de 16 h à 20 h (salle 2, 105 bd Raspail 75006 Paris), les 10 novembre, 8 décembre 2017, 26 janvier, 16 février, 16 mars et 13 avril 2018. Les séances des 16 février et 16 mars se dérouleront en salle 1 (même horaire, même adresse). La séance du 13 avril aura exceptionnellement lieu au Centre Alexandre Koyré, 4e étage, 27 rue Damesme 75013 Paris

Après avoir examiné les questions de géographie de l'art (2015-2016) puis la présence de la conflictualité en art (2016-2017), le séminaire continue d’interroger les méthodes de l’histoire critique de l’art sous l'angle des rapports entre les arts et les sciences humaines.

Si les liens entre les deux ont été proclamés récemment au motif qu’ils s’enrichiraient mutuellement, le mariage attendu est parfois réussi, mais peut aussi s’avérer malheureux et il convient aujourd’hui de mesurer tant les rapprochements que les écarts et les malentendus.

Nous étudierons ainsi les processus créatifs qui échappent à l’injonction binaire soit de se soumettre à l’emprise des sciences humaines et sociales soit d’affirmer leur autonomie intellectuelle. Nous privilégierons ceux qui prennent en considération, utilisent, transforment, commentent ou contestent les corpus savants. L'accent sera mis sur les œuvres qui dépassent le niveau de la pure illustration et engagent un dialogue sur les contenus et les méthodes.

Avec quels outils intellectuels, suivant quelles procédures dialogiques, peut-on examiner les processus créatifs aujourd'hui regardés comme intermédiaires entre l'art et les savoirs ? Comme à l'accoutumée, le séminaire prendra en examen des œuvres issues de toutes les périodes historiques de la Renaissance à nos jours, embrassant aussi bien les images et les objets d’art que l’architecture.

Vendredi 10 novembre 2017 : Un échange autour de l'œuvre d'Éric Baudelaire Also known as Jihadi (2017) avec la participation de Julia Christ (philosophe, CURAPP, Université de Picardie), Antoine Megie (juriste, Université de Rouen) et Romain Seze (sociologue, Institut national des hautes études de la sécurité et de la justice).

Vendredi 8 décembre 2017 : À propos de la Documenta 14, retour sur le terrain du projet « l'art et les sciences humaines Berlin-Athènes-Kassel » avec la participation de Catherine David (MNAM, Centre Pompidou), Knut Ebeling (Kunsthochschule Berlin-Weißensee), Anouche Kunth (IRIS, EHESS), Déborah Laks (Centre allemand d'histoire de l'art), Marie Urban (Centre Marc Bloch), Gwenola Wagon (Université Paris 8).

Vendredi 26 janvier 2018 : Sur le thème milieu/environnement, avec la participation de Wolf Feuerhahn (centre Alexandre-Koyré), Victor Petit (université de Compiègne), Mathilde Roman (École supérieure d’arts plastiques de la ville de Monaco), Paul Sztulman (École nationale supérieure des arts décoratifs) et Gwenola Wagon (Université Paris 8).

Vendredi 16 février 2018 : Sur la démocratie : révolution française et démocraties populaires, avec la participation de Christian Michel (Université de Lausanne), Catherine Colliot-Thélène (Université de Rennes) et Jérôme Heurtaux (Université de Paris-Dauphine) et Anna Pravdová (Galerie nationale de Prague).

Vendredi 16 mars 2018 : Autour du Lapsus graphique, avec la participation de Eric Pagliano (C2RMF), Pierre Buraglio, artiste, Andreas Mayer (Centre Alexandre Koyré) et Claude Rabant, psychanalyste.

Vendredi 13 avril 2018 : Art, géographie et cartographie avec la participation de Jean-Marc Besse (CNRS, Géographie-cités), Gilles Tiberghien (Université Paris I) et Denis Eckert (Centre Marc Bloch).

Aires culturelles : Europe, Transnational/transfrontières,

Suivi et validation pour le master : Mensuel annuel/bimensuel semestriel (8x3 h = 24 h = 6 ECTS)

Mentions & spécialités :

Domaine de l'affiche : Histoire - Histoire et civilisations de l'Europe

Intitulés généraux :

Renseignements :

par courriel.

Niveau requis :

le séminaire est ouvert aux étudiants de M1, M2 et doctorat.

Adresse(s) électronique(s) de contact : pascal.dubourg(at)cnrs.fr

Compte rendu

Après avoir examiné les questions de géographie de l’art (2015-2016) puis le thème de l’art et du conflit (2016-2017), le séminaire a été consacré cette année aux rapports entre les arts et les sciences humaines. Il s’agissait d’étudier les processus créatifs qui prennent en considération, utilisent, transforment, commentent ou contestent les corpus savants produits par les sciences de l’homme et de la société. Ces dernières décennies, plusieurs études ont mis en évidence la communauté de préoccupation thématique entre les travaux de certains praticiens de l’art et ceux des chercheurs universitaires. On assiste aussi à la mise en place d’expérimentations soutenues institutionnellement au titre de l’interdisciplinarité. Le séminaire avait choisi cependant un autre biais que celui de la collaboration volontaire et proposait à des universitaires de porter un regard sur les contenus et les modes d’expression d’œuvres consacrées à leurs terrains habituels de recherche. Avec quels outils intellectuels exogènes peut-on aujourd’hui examiner les processus créatifs ? En quoi l’œuvre propose-t-elle une lecture augmentée ou réductrice de ces thématiques complexes ? La sociologie, la psychologie, la géographie, l’anthropologie, l’histoire des sciences, la littérature comparée sont-elles appelées à fournir des modèles explicatifs segmentés des œuvres d’art ?
Six séances expérimentales, chacune structurée autour d’un dispositif différent, constituèrent le séminaire de cette année. La première fut consacrée à un échange autour de l’œuvre d’Éric Baudelaire Also known as Jihadi (2017) avec la participation de Julia Christ (philosophe, CURAPP, Université de Picardie) et Antoine Megie (juriste, Université de Rouen). Nous sommes ensuite revenus sur la Documenta 14, terrain du projet de recherche « l’art et les sciences humaines Berlin-Athènes-Kassel » (Centre Marc-Bloch, Centre Alexandre-Koyré). Avec Catherine David (MNAM, Centre Pompidou) et plusieurs participants du projet Knut Ebeling (Kunsthochschule Berlin-Weißensee), Anouche Kunth (IRIS, EHESS), Déborah Laks (Centre allemand d’histoire de l’art), Marie Urban (Centre Marc-Bloch), Gwenola Wagon (Université Paris 8), nous avons soulevé la question de l’exposition comme modalité spécifique de confrontation intellectuelle et développé la possibilité d’interaction entre chercheurs en sciences humaines non spécialistes d’art et spécialistes d’art contemporain. Le thème du milieu et sa relation à l’idée d’environnement ont occupé la séance suivante avec la participation de Wolf Feuerhahn (Centre Alexandre-Koyré), Victor Petit (université de Compiègne), Mathilde Roman (École supérieure d’arts plastiques de la ville de Monaco), Paul Sztulman (École nationale supérieure des arts décoratifs) et Gwenola Wagon (Université Paris 8). Elle a montré combien les chercheurs et artistes poursuivaient une discursivité propre et a esquissé des modalités destinées à organiser le dialogue entre les deux sphères. La séance « Sur la démocratie : de la révolution française aux démocraties populaires », a conduit à un échange entre Christian Michel (Université de Lausanne), Catherine Colliot-Thélène (Université de Rennes), Jérôme Heurtaux (Université de Paris-Dauphine) et Anna Pravdová (Galerie nationale de Prague) et a pris plus particulièrement en examen une série d’œuvres qui visent à susciter l’engagement politique : la rencontre s’est alors produite sur la question du public et de la fonction sociale de l’art. Nous nous sommes ensuite consacrés aux questions de psychologie et de psychanalyse autour de la traduction graphique des phénomènes psychologiques comme le lapsus ou l’autisme, avec la participation de Eric Pagliano (C2RMF), Pierre Buraglio, artiste et Claude Rabant, psychanalyste. Enfin la dernière séance a pris en examen les rapports entre l’art, la géographie et la cartographie avec la participation de Jean-Marc Besse (CNRS, Géographie-cités), Gilles Tiberghien (Université Paris I) et Christian Grataloup (Université Paris VII). Elle a montré la constance historique et la transversalité des modes de représentation de l’espace.
Le séminaire a tenté de dépasser l’injonction binaire à laquelle les productions artistiques sont constamment soumises : soit de succomber à l’emprise des sciences humaines et sociales, soit d’affirmer leur autonomie intellectuelle. La première option réduit souvent l’œuvre d’art au statut de document véniel, le confinant dans un rôle d’illustration qui oblitère sa dimension ontologique complexe. La seconde isole l’œuvre d’art dans un processus de création et de réception purement individuel et parfois subjectif, ignorant la richesse et la complexité du terreau social et intellectuel dont elle est issue et qui lui confère sa singularité. À travers ces séances expérimentales qui ont rassemblé des acteurs intellectuels qui partagent des intérêts thématiques sans jamais se rencontrer, nous avons amorcé les modalités d’un fertile dialogue.

Dernière modification de cette fiche par le service des enseignements (sg12@ehess.fr) : 11 avril 2018.

Contact : service des enseignements ✉ sg12@ehess.fr ☎ 01 49 54 23 17 ou 01 49 54 23 28
Réalisation : Direction des Systèmes d'Information
[Accès réservé]