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Base de données des enseignements et séminaires de l'EHESS

Histoire et anthropologie de la famille et de la parenté. I. Mondes anciens etr médiévaux

  • Laurent Barry, maître de conférences de l'EHESS ( LAS )

    Cet enseignant est référent pour cette UE

  • Claire Chatelain, chargée de recherche au CNRS ( Hors EHESS )
  • Isabelle Daillant, chargée de recherche au CNRS ( Hors EHESS )
  • Michael Gasperoni, chargé de recherche au CNRS ( Hors EHESS )
  • Jasmin Hauck, doctorante aux Universités de Universités Katholische Universität Eichstätt-Ingolstadt et Università Roma Tre ( Hors EHESS )

S'il s'agit de l'enseignement principal d'un enseignant, le nom de celui-ci est indiqué en gras.

1er et 3e mercredis du mois de 13 h à 15 h (105 bd Raspail 75006 Paris), du 15 novembre 2017 au 6 juin 2018. Calendrier des séances et salles ci-dessous

Le séminaire Histoire et Anthropologie de la famille et de la parenté que nous proposons à partir de l’année universitaire 2017-2018 est une offre d’enseignement collectif, pluridisciplinaire et pluri-institutionnel. Il est organisé par des enseignant-e-s et chercheurs-ses de l’EHESS (Laboratoire d’anthropologie sociale), du CNRS (Centre Roland Mousnier, Université Paris-Sorbonne, IRHiS, Université Lille III, et Laboratoire d’ethnologie et de sociologie comparative, Paris X-Nanterre-La-Défense) et des Universités Katholische Universität Eichstätt-Ingolstadt et Università Roma Tre.

Nous entendons renouer ici avec la grande tradition de rencontre entre Histoire et Anthropologie qui a naguère su nouer un dialogue fécond entre certains des plus grands esprits de notre époque. De Georges Duby à Jean-Pierre Vernant en passant par Marcel Détienne, Paul Veyne, Gérard Delille, Philippe Moreau ou Marcel Granet d’un côté, de Marcel Mauss à Claude Lévi-Strauss,  Jack Goody ou Marshall Shalins de l’autre, nos disciplines sont parvenues, sur certaines thématiques spécifiques, à construire de véritables objets communs. Au nombre de ces derniers, les études sur la parenté et sur la famille occupent une place centrale.

Depuis quelques années, toutefois, l’offre pluridisciplinaire et collective est plus clairsemée, ce, tant à l’université qu’au sein même de l’École des hautes études en sciences sociales dont elle est pourtant l’une des vocations premières. Beaucoup d’entre nous s’en sont retournées à leurs terres d’attaches hésitant à s’aventurer plus avant dans ces pérégrinations dans des contrées lointaines.

Nous nous proposons, quant à nous,  de renouer ce dialogue fructueux et de favoriser les rencontres entre disciplines voisines, quitte à en gommer les frontières. Pour ce faire nous mènerons une réflexion autour de l’évolution des formes familiales et des systèmes de parenté à la fois dans l’espace et dans le temps. Chaque année nous aborderons un thème spécifique, qui sera cohérent du point de vue des études sur la parenté et la famille, sans nécessairement s’astreindre à suivre une trame chronologique ou géographique linéaire.

Pour cette première année notre recherche portera sur les Mondes Anciens et Médiévaux, ces derniers incluant à la fois espaces et traditions européennes et extra-européennes.

Ce séminaire est ouvert à tous nos collègues chercheurs et enseignants ainsi qu’aux étudiant-e-s à partir du master. Il est validable pour ces derniers dans le cadre du master de l’EHESS.

15 novembre 2017 (salle 3) : Laurent Barry, Claire Chatelain, Isabelle Daillant, Michaël Gasperoni et Jasmin Hauck, Présentation du séminaire

6 décembre 2017 (salle 7) : Jasmin Hauck (KU Eichstätt-Ingolstadt/Università Roma Tre), « Mémoire généalogique et liens de parenté : une lecture à travers les dispenses matrimoniales dans la Florence tardo-médiévale »

Obtenir une dispense matrimoniale afin de permettre une union avec un parent – consanguin ou affin – plus ou moins proche nécessitait que le lien entre les deux suppliants puisse être formellement prouvé devant un tribunal ecclésiastique. L’historiographie, les recherches généalogiques et les archives de la Florence tardo-médiévale étant particulièrement riches, il est possible d’étudier de manière approfondie la mémoire généalogique que les acteurs mobilisaient au cours des procédures mises en œuvre pour prouver la parenté. Cette intervention se propose d’aborder la question, complexe et encore suffisamment peu étudiée de manière quantitative, de la mémoire généalogique à la fin de la période médiévale à partir d’une nouvelle méthode de représentation et d’analyse de cette mémoire généalogique. Pour ce faire, nous nous appuierons sur un vaste panel de sources judiciaires, de témoignages et de reconstructions généalogiques – qu’elles soient le fait des acteurs eux-mêmes ou des chercheurs – mettant au jour les liens de parenté entre les témoins et les suppliants.

20 décembre 2017 (amphithéâtre François-Furet) : Philippe Moreau (Université Paris Est Créteil), « Parenté et famille dans la Rome ancienne : esquisse d’un bilan »

Depuis les dernières décennies du siècle dernier, deux grands courants se partagent l’étude de la parenté et de la famille dans la Rome ancienne : un courant essentiellement franco-italien, influencé par l’anthropologie française (Lévi-Strauss, Françoise Héritier) s’attache aux structures de parenté et d’alliance (terminologie, nature des formations de parenté, atome de parenté, règles d’alliance, représentations symboliques, etc.), alors qu’un courant anglo-saxon, souvent influencé par le féminisme américain, a pris pour objet la famille romaine dans sa vie concrète (famille nucléaire ou étendue, âges de la vie, conjugalité, sexualité, affects, etc.), en recourant à de nouveaux instruments heuristiques (principalement, la démographie et l’étude des textes médicaux antiques). C’est à présenter quelques questions traitées par les chercheurs appartenant à ces deux courants que sera consacré l’exposé.

17 janvier 2018 (salle 8) : Régine Le Jan (Université Paris 1), « Parenté maternelle, parenté agnatique : les femmes dans le système de parenté du haut Moyen Âge »

En déconstruisant et croisant les discours souvent contradictoires des sources, à partir de quelques dossiers, il s’agira d’évaluer la place des femmes et son évolution dans le système de parenté entre viiie et xie siècle.

7 février 2018 : Séance annulée 

7 mars 2018 (salle 8) : Jérôme Wilgaux (Université de Nantes), « Nouvelles approches de la parenté grecque »

Ces dernières années ont été marquées par des relectures souvent radicales du monde grec du premier millénaire av. J.-C., dans des domaines aussi variés que la religion, l’économie, la politique, la société… Le cadre civique lui-même, sur lequel se focalisaient les approches antérieures, tend de plus en plus à être relativisé. Les études consacrées à la parenté grecque n’échappent pas à ce renouveau et l’inscription du thème de la famille aux concours de l’enseignement secondaire, s’accompagnant comme il se doit de la publication de synthèses rendant compte des recherches actuelles, invite donc à s’interroger sur les enjeux de ces approches, sur les problèmes auxquels elles cherchent avant tout à se confronter ainsi que sur leurs apports.  

21 mars 2018 (salle 8) : Sylvie Anne Goldberg (CRH, EHESS), « Judéité, filiation et affiliation »

Au fil des siècles, la notion de « judéité » a été dotée de divers attributs. Depuis la Bible, les formulations des rabbins de l’Antiquité tardive, les juristes du Moyen-Âge, et le monde d’aujourd’hui, la transmission de l’« être juif » a considérablement évolué et s’est cristallisée sur l’idée d’une transmission par filiation (matrilinéaire) ou affiliation (par conversion). C’est en examinant cette construction de l’identité juive dans l’histoire que l’on s’interrogera sur la formation de la catégorie juive/juif qui se fonde sur la famille et s’inscrit dans la parenté.

4 avril 2018 (salle 8) : Marie Guérin (umr 8167, Orient et Méditerranée), « “Et prist le prince moult beaux mariages pour la dotte de la dame” : conditions de mariage et stratégies familiales en Morée franque (XIIIe-XVe siècles) »

Les recherches sur la principauté de Morée, fondée au XIIIe siècle dans le Péloponnèse dans la mouvance des croisades, ont connu un renouveau avec la parution en 2012, dans une collection consacrée à la famille et à la parenté au Moyen Âge, des travaux d’Isabelle Ortega sur les lignages nobiliaires. Poursuivant dans cette voie, et s’inscrivant dans une recherche sur les dames de la Morée franque du XIIIe au XVe siècle, l’exposé s’interrogera sur leur place et leur rôle dans le jeu des alliances matrimoniales de Grèce latine. À travers les sources narratives, juridiques ou archivistiques et grâce aux apports de la prosopographie, on examinera les conditions de leurs mariages et la part d’autonomie dont elles disposent dans le choix des unions à l’égard de la famille et du suzerain. Nous verrons également en quoi ces dames constituent des enjeux politiques, sociaux et économiques dans les stratégies matrimoniales des familles latines cherchant à maintenir leur domination en Grèce médiévale.

2 mai 2018 (salle 8) : Violaine Sebillotte (Université Paris 1), « Avec ou sans famille : femmes et parenté dans la documentation épigraphique grecque (IVe-IIe siècles avant J.-C.) »

La question de la parenté dans la Grèce des IVe-IIe siècles av. J.-C. sera abordée ici à travers des exemples qui en esquissent d’autres formes que celle (normative) connue par les textes de la transmission manuscrite (orateurs attiques, Xénophon, etc.). Dans le dossier des stèles funéraires attiques on présentera des cas de familles inattendues où la mère est la référente familiale (par le matronyme par exemple). Dans le dossier des contrats fonciers (achats ou location de terres), on présentera les cas des filles et épouses propriétaires et/ou locataires, actrices dans la circulation des terres (parfois familiales) et dans leur gestion. Enfin, le cas d’Apolla, à Délos, permettra d’évoquer la question de l’absence de dénomination familiale – dans son cas et dans d’autres –, et de poser la question de ces individus – hommes ou femmes – qui apparaissent comme des sans-famille.

16 mai 2018 (salle 8) : Karine Karila-Cohen (Université Rennes 2), « Structure de parenté, onomastique et prosopographie des dèmes attiques : l’apport de l’analyse de réseau »

Dans les années 1980, Alain Bresson avait suggéré que les règles de transmission des noms et la fréquence des mariages dans un degré rapproché pouvaient se visualiser graphiquement. La recherche automatisée de groupes cohésifs pourrait ainsi être exploitée prosopographiquement. Il s’agit de proposer une expérimentation de ce projet à l’aide de l’analyse de réseau en choisissant comme échelle les dèmes attiques, qui seront examinés à travers les époques classique, hellénistique et impériale (ve siècle avant-iiie siècle après J.-C.).

30 mai 2018 (salle 4) : Simon Teuscher (Université de Zurich), « Quantifier la génération. Pierre Damien développe une nouvelle manière de calculer la parenté »

Résumé à venir

6 juin 2018 (salle 8) : Karl Ubl (Université de Cologne), « Le redoublement d’alliance. Stratégies matrimoniales et prohibitions de l’inceste en Occident et à Byzance »

Résumé à venir

Suivi et validation pour le master : Bi/mensuel annuel (24 h = 6 ECTS)

Mentions & spécialités :

Domaine de l'affiche : Anthropologie sociale, ethnographie et ethnologie

Intitulés généraux :

  • Laurent Barry- Anthropologie de la parenté
  • Renseignements :

    Laurent Barry par courriel.

    Direction de travaux d'étudiants :

    sur rendez-vous.

    Réception :

    Laurent Barry par courriel.

    Adresse(s) électronique(s) de contact : barry(at)ehess.fr, michael.gasperoni(at)cnrs.fr, daillant(at)vjf.cnrs.fr, clairechatelain2003(at)yahoo.fr, jasmin.hauck(at)gmail.com

    Dernière modification de cette fiche par le service des enseignements (sg12@ehess.fr) : 20 mars 2018.

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