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Base de données des enseignements et séminaires de l'EHESS

Critical Heritage Studies. Épistémologies, réception et actualité (Europe, Asie, Monde)

  • Caroline Bodolec, chargée de recherche au CNRS ( CCJ-CECMC )

    Cet enseignant est référent pour cette UE

  • Cyril Isnart, chargé de recherche au CNRS ( Hors EHESS )
  • Claudie Voisenat, ingénieure de recherche au ministère de la Culture ( IIAC-LAHIC )

S'il s'agit de l'enseignement principal d'un enseignant, le nom de celui-ci est indiqué en gras.

2e jeudi du mois du 9 novembre 2017 au 14 juin 2018, voir détail dans le descriptif

  • 9 novembre 2017, de 14 h à 18 h = EHESS, salle BS1_28, 54 bd Raspail 75006 Paris
  • 14 décembre 2017, de 14 h à 17 h = Institut national du patrimoine, 2 rue Vivienne 75002 Paris
  • 11 janvier 2018, de 10 h à 18 h = EHESS, salle A07_37, 54 bd Raspail 75006 Paris : journée d'étude "Visions comparées des études critiques du Patrimoine (France, Monde Anglo-saxon, Europe et Asie)"
  • 8 février 2018, de 14 h à 18 h = Institut national du patrimoine, 2 rue Vivienne 75002 Paris
  • 8 mars 2018, de 14 h à 17 h = Institut national du patrimoine, 2 rue Vivienne 75002 Paris
  • 12 avril 2018, de 14 h à 17 h = EHESS, salle BS1_28, 54 bd Raspail 75006 Paris
  • 14 juin 2018, de 14 h à 17 h = Institut national du patrimoine, 2 rue Vivienne 75002 Paris

Apparu à la fin des années 2000 dans le monde anglo-saxon, le domaine des études critiques du patrimoine culturel, Critical Heritage Studies, s’est rapidement affirmé comme un espace international de réexamen critique des modalités pratiques et des théories qui structurent les activités patrimoniales. Il s’est développé aussi bien dans les espaces post-coloniaux que dans les pays occidentaux et dans les puissances économiques émergentes. En France, la réflexion et le débat sur le patrimoine culturel dans les sciences sociales s’est ouvert dès les années 1980 en prenant appui sur l’histoire, l’anthropologie, la géographie ou les sciences de l’information. Le séminaire se propose de mener une réflexion comparative et interdisciplinaire sur les épistémologies, la réception et l'actualité des Critical Heritage Studies au vu de cette histoire parallèle singulière. La France semble constituer une tradition intellectuelle à la fois avancée et diversifiée sur le plan de la littérature sur le patrimoine culturel, mais finalement assez périphérique, puisque l’on note des spécificités et un certain isolement de la perspective française dans le débat international. Il s’agira d’ouvrir un espace d’interrogation intellectuelle sur l’histoire récente des études sur le patrimoine culturel et de penser les modalités concrètes d’interaction entre le champ international et les dossiers de recherche en cours dans la sphère nationale, indépendamment de leur terrain géographique ou de la période historique considérée.

Ces séances mensuelles verront alterner des présentations théoriques et les actualités éditoriales ou de recherche, en incluant des professionnels du patrimoine.

9 novembre 2017 :

  • Caroline Bodolec, Cyril Isnart, Claudie Voisenat : Introduction au séminaire
  • Cyril Isnart : Que sont les critical heritage studies ?
  • Claudie Voisenat : Pour une anthropologie de l’institution du patrimoine. Bilan, 1997-2017
  • Débat

14 décembre 2017 : Fabriqu’am, la fabrique des "patrimoines". Mémoires, savoirs et politiques en Amérique indienne d'aujourd'hui (2013-2016) : retour sur un programme de recherche international

Dans le cadre du séminaire nous recevons des membres de l’équipe du programme ANR Fabriqu’am pour discuter des recherches entreprises en Amérique latine, avec Anath Ariel de Vidas (CNRS/CERMA-Mondes Américains), Patrick Deshayes (EREA-LESC), Magda Helena Dziubinska (EREA-LESC), Vincent Hirtzel (CNRS/EREA-LESC), Valentina Vapnarsky (CNRS/EREA-LESC), Cédric Yvinec (CNRS/CRBC-Mondes Américains). 

11 janvier 2018 : journée d'étude « Visions comparées des études critiques du Patrimoine (France, Monde Anglo-saxon, Europe et Asie) »
en association avec Agora de l'Université de Cergy-Pontoise.

Suivi et validation pour le master : Mensuel annuel/bimensuel semestriel (8x3 h = 24 h = 6 ECTS)

Mentions & spécialités :

Domaine de l'affiche : Histoire - Histoire et civilisations de l'Asie

Intitulés généraux :

Renseignements :

contactez par courriel les responsables du séminaire pour tous renseignements.

Direction de travaux d'étudiants :

sur rendez-vous auprès des responsables du séminaire.

Réception :

sur rendez-vous auprès des responsables du séminaire.

Niveau requis :

Licence 3.

Adresse(s) électronique(s) de contact : bodolec(at)ehess.fr, isnartc(at)gmail.com, claudie.voisenat(at)cnrs.fr

Compte rendu

La première année de ce séminaire interdisciplinaire consacré à l’examen du champ des Critical Heritage Studies – études critiques en patrimoine – s’est organisée autour de séances thématiques portées par les organisateurs du séminaire, des interventions de chercheurs extérieurs et des journées d’étude dans le cadre de collaborations avec des institutions partageant nos réflexions sur l’approche du patrimoine par les sciences sociales (École du Louvre, Institut National du Patrimoine, Université de Cergy-Pontoise).
Les Critical Heritage Studies se positionnent comme un dispositif intellectuel de réexamen des usages du patrimoine dans les sociétés post-coloniales contemporaines. Ces grilles de lectures sont utilisées pour analyser le patrimoine en tant que processus culturel dynamique, dépassant le site ou le monument. Elles dévoilent les structurations des activités et des politiques patrimoniales autour de questions de variabilité des valeurs, des statuts d’expertise et des rôles des institutions. Ces réflexions mobilisent les approches transversales et les comparaisons disciplinaires en sciences sociales, à partir des études urbaines ou du tourisme, de l’histoire, de la géographie, de l’anthropologie ou de la sociologie. Elles ouvrent des chantiers partagés autour de thématiques telles que la « communauté », les classes sociales, les minorités, le multiculturalisme, les politiques identitaires. Les Critical Heritage Studies ont par ailleurs correspondu à une intégration plus scrupuleuse et systématique des recherches qualitatives et de l’approche narrative dans les études patrimoniales, souvent cantonnée aux analyses de public et à l’histoire de l’art.
La première séance a dressé un panorama historique et épistémologique des Critical Heritage Studies, apparues à la fin des années 2000 dans le monde anglo-saxon, afin de rendre compte de la multiplication des modalités, des institutions et des acteurs du fait patrimonial (Cyril Isnart), et a commencé la comparaison avec le champ de l’anthropologie du patrimoine menée dans le cadre de l’équipe du Lahic (Claudie Voisenat, Laboratoire d’anthropologie et d’histoire de l’institution de la culture, EHESS-CNRS, rattaché à l’UMR IIAC). Les membres et responsables de l’ANR Fabriqu’Am (2012-2016, sous la direction de Anath Ariel de Vidas), projet de recherche collective sur les patrimonialisations en Amérique Latine, ont présenté leurs terrains d’enquête et avancées théoriques lors de la deuxième séance : critères esthétiques, narrations de l’histoire, vocabulaires locaux du patrimoine et de la coutume, supports visuels de la mémoire sociale. La journée d’étude « Visions comparées des études critiques du patrimoine Asie-Europe », organisée avec l’axe Patrimoine du Laboratoire Agora (Université de Cergy-Pontoise), a permis d’exposer la situation des études patrimoniales en France (Claudie Voisenat), Portugal (Cyril Isnart), Turquie (Muriel Girard), Royaume-Uni (Cécile Doustaly) et Chine (Caroline Bodolec), tout en présentant des études historiques de cas de minorités ethniques en l’Europe orientale (Katalin Esher) et au Japon (Gérald Peloux). La séance commune avec le séminaire « Ethnographier le patrimoine mondial. Attendus, procédures et effets » de l’École du Louvre et de l’Institut National du Patrimoine a porté sur deux sites inscrits sur la liste de la convention du Patrimoine Mondial de l’UNESCO, l’un, le Quai Valongo à Rio de Janeiro au Brésil (Simone Pondé Vassalo), l’autre, le paysage culturel Konso en Éthiopie (Élise Demeulenaere). Se sont dégagées deux interrogations centrales qui seront exploitées dans les prochaines sessions du séminaire : la place des minorités dans les pratiques et récits patrimoniaux internationaux ; le rôle structurant de l’opportunité que saisissent les acteurs des candidatures, concept clé de plusieurs situations patrimoniales étudiées pendant le séminaire. La dernière séance a permis de faire le point sur la place de la recherche sur le patrimoine au sein du Ministère français de la culture, dont les services et directions ont été décrits par Isabelle Chave, alors que Stéphanie Duvail a montré comment le terme « patrimoine » est apparu et a structuré depuis les années 2000 le travail collectif de l’UMR Paloc associant l’IRD et le Museum National d’Histoire Naturelle.

Dernière modification de cette fiche par le service des enseignements (sg12@ehess.fr) : 11 avril 2018.

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