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Base de données des enseignements et séminaires de l'EHESS

Anthropologie des processus de citoyenneté

S'il s'agit de l'enseignement principal d'un enseignant, le nom de celui-ci est indiqué en gras.

Jeudi de 15 h à 18 h (salle AS1_23, 54 bd Raspail 75006 Paris), les 18 janvier, 1er et 15 février, 1er, 15 et 29 mars, 5 avril, 24 mai 2018. La séance du 1er février est annulée

Il s'agira dans ce séminaire de poursuivre l'exploration entamée en 2016-2017 des apports de l'anthropologie politique du contemporain tant à la saisie empirique des processus de citoyenneté qu'à un retour critique sur les théorisations dont elle fait l'objet. Les pratiques et représentations de la citoyenneté sont relativement sous-étudiées dans l'anthropologie politique française, alors qu'elle fait l'objet de nombreux travaux dans le monde. Outre l'exploration de ces travaux parfois méconnus, ce séminaire sera consacré à la mise en discussion de recherches pluridiciplinaires portant sur différents espaces de pratiques citoyennes, notamment celles visant un renouvellement de l'éthos démocratique et de l'émancipation. Une place spéficique sera accordée également aux enjeux d'une recherche qui soit elle-même « citoyenne ».

18 janvier : Qu’est-ce qui est appelé citoyenneté  ? Comment saisir empiriquement cette notion ? Introduction générale du séminaire.

  • Catherine Neveu (CNRS IIAC/Ehess) et Maxime Vanhoenacker (CNRS IIAC/Ehess)

Textes d'appui :

  • Introduction in Carel M., Neveu C. (dir.), 2014, Citoyennetés ordinaires. Pour une approche renouvelée des pratiques citoyennes, Paris, Karthala.
  • Berger M., De Munck J., 2015, Participer, entre idéal et illusion, Recherches sociologiques et anthropologiques, 46, 1, p. 124.

1er février : Un citoyen responsable, une ville responsable. La participation, un nouveau mot d’ordre de la République Islamique d’Iran ?

  • Sahar Saeidnia (Postdoctorante, Gerda Henkel Iremam, Docteure en sociologie associée à l'Iris EHESS)

Résumé : la figure du "citoyen" est de plus en plus présente dans les villes et villages d'Iran, sur les panneaux publicitaires, les journaux locaux ou encore dans les déclarations des représentants municipaux. Dans cette intervention, je reviendrai sur le tournant "participatif" municipal initié depuis les années 1990 dans la République islamique d'Iran, à partir de l'étude de l'institutionnalisation d'une institution "participative" à Téhéran, le conseil de quartier (shorâ yâri mahalle) : comment, dans le contexte de la République Islamique d’Iran, se fabriquent les shorâs yâri dans les pratiques et discours des conseillers ? Est-ce que les conseillers, dans la définition pratique de leurs rôles, de leurs activités et des thèmes discutés, ou encore dans leurs relations avec les habitants et les institutions municipales, contribuent à la reproduction, le contournement, la redéfinition ou encore la contestation des logiques autoritaires caractéristiques du contexte iranien ?

Texte d’appui :

  • Saeidnia S.A., 2014, Les conseils de quartier en République Islamique d’Iran : L’exemple de Téhéran, in Sharouz M.S. (dir.), Téhéran des quartiers populaires. Transformation urbaine et société civile dans une république islamique, Paris, Karthala et IFRI.

15 février : projection documentaire, à confirmer

1er mars : L’afroféminisme, une politique du sensible ? Du vécu des rapports de pouvoir à leur politisation dans le parcours de femmes afrodescendantes

  • Silyane Larcher (CNRSUrmis, politiste)

Résumé : dans quelle mesure épreuves morales et affectives accumulées dans des trajectoires de vie peuvent-elles constituer le support d’une constellation d’activités collectives diverses autorisant une forme légitime de participation politique ? C’est ce que donne à penser l’expérience afroféministe telle qu’elle s’exprime et se déploie en France de manière protéiforme dans des espaces variés et hétérogènes, qu’ils soient privés, semi publics ou publics. Fondé sur la requalification du vécu intime subjectif en épreuve commune soumise à une réflexivité critique construite collectivement, l’afroféminisme s’apparente à une politique du sensible. Basé sur l’attention fine à la polymorphie des expressions politiques afroféministes, aux discours des militantes, et en particulier à l’étude du récit de vie d’une des fondatrices du principal collectif afroféministe français, Mwasi, le présent article vient aussi nuancer et complexifier les analyses courantes de la dépolitisation ou démobilisation politique des classes populaires. Il montre combien, à l’écart des acceptions partisanes ou conventionnelles, la politique conserve pour les dominées, à bien des égards, sa part d’imagination politique émancipatrice, avec pour enjeu essentiel : l’institution de l’égalité dans les rapports sociaux.

  • Texte d’appui : Larcher S., Nos vies sont politiques [texte inédit à paraître]

15 mars : Le fardeau de l’apprentissage de la citoyenneté dans les activités de jeunesse ?

  • Maxime Vanhoenacker (CNRSIIAC/Ehess, anthropologie)

Résumé : Cette séance sera l’occasion d’aborder les enjeux contemporains de l’éducation à la citoyenneté en saisissant cet objet à partir d’une série de travaux empiriques récents. En travaillant à une comparaison des formes scolaires de l’apprentissage de la citoyenneté en France avec des situations également placées sous la bannière de la formation des jeunes citoyens mais dans le cadre de mouvements de jeunesse et d’éducation populaire, et notamment du scoutisme laïque, nous discuterons de certains points problématiques et méthodologiques propres à cette relation adulte/jeune en contexte démocratique : ambiguïtés normatives des usages de la notion de citoyenneté, contraintes institutionnelles, spécificités pédagogiques, points d’observation possibles...

Textes d’appui :

  • Breviglieri M., 2014, La vie publique de l'enfant, Participations, 9, 2, p. 97123.
  • Vanhoenacker M., D’une rive à l’autre du scoutisme : des aventures buissonnières à l’apprentissage de la citoyenneté [texte inédit à paraître]

29 mars : Politiser l’éducation populaire, un réenchantement ?

  • Emmanuel Porte (INJEP) et Emmanuel de Lescure (MCF Sciences de l’éducation Université Paris V, CERLIS)

Résumé : Si l’on constate un renouveau de l’éducation populaire aujourd’hui c’est moins par les méthodes et les pratiques étudiées que par la réaffirmation de postures politiques et contestataires venant rappeler que tout geste éducatif est produit par des tensions entre visées émancipatrices et participatives. D’une part, en effet, les acteurs qui revendiquent un retour à l’éducation populaire l’investissent d’une forte dimension politique et expérimentale.

D’autre part, les chercheurs qui s’y intéressent explorent la question du rapport au politique en lien avec les transformations des manières de faire citoyenneté, de penser les alternatives ou les contrepouvoirs.

Cela produit sans doute une distorsion dans l’appréhension du phénomène de l’éducation populaire en le réduisant à ses dimensions les plus militantes, excluant les acteurs plus institués. Mais cet éclairage permet d’ouvrir un espace de possibles qui structure chez les acteurs le sentiment d’un réenchantement des pratiques démocratiques appuyées sur les enjeux éducatifs.

Textes d’appui :

  • Lescure (de) Emmanuel, Porte Emmanuel, Introduction. Politiser l’éducation populaire, un réenchantement ?, Agora débats/jeunesses, 2017/2 (N° 76), p. 5363. DOI : 10.3917/agora.076.0053.

URL : https://www.cairn.info/revueagoradebatsjeunesses20172page53.htm

  • Brusadelli Nicolas, Politiser sa trajectoire, démocratiser les savoirs. La fabrique des conférenciers gesticulants, Agora débats/jeunesses, 2017/2 (N° 76), p. 93106. DOI : 10.3917/agora.076.0093.

URL : https://www.cairn.info/revueagoradebatsjeunesses20172page93. htm

5 avril : Pouvoirs d’agir dans les quartiers populaires : pour une sociologie de la citoyenneté au croisement de l’ordinaire, du mouvement social et des institutions. A propos d’une enquête à Villepinte et Montréal Nord.

  • Marion Carel (MCF Sociologie Université Lille, CeRIES)

Résumé : Depuis 2015, l’enquête dans les quartiers populaires de Villepinte, en Seine-Saint-Denis, et de Montréal Nord, au Québec propose de contribuer aux débats sur la définition du politique, cincluant les pratiques de citoyenneté à bas bruit, les phénomènes d’invisibilité et de visibilité ou encore les différents degrés ou seuils de politisation. L'analyse comparée de discours et activités associatives met à jour les forces et vulnérabilités des subalternes lorsqu’ils s’organisent dans une logique de lutte pour leur reconnaissance. Si des différences fortes apparaissent entre les contextes français et québécois, il apparaît que les associations partagent de nombreux principes et modes de faire. Le mémoire conclut sur une proposition de typologie des différents degrés et formes de politisation, incluant le partage de troubles avec les voisins, les contre espaces publics, les dimensions d’enquête et de publicisation, l’appel au juridique ou encore l’interpellation des pouvoirs publics.

  • Texte d’appui : Carel M. "Injonction participative ou empowerment ? Les enjeux de la participation", Les politiques sociales, 3&4/2017, p. 8292.

24 mai : Présentation des travaux de validation des étudiants (exposés) et discussion générale

Suivi et validation pour le master : Mensuel annuel/bimensuel semestriel (8x3 h = 24 h = 6 ECTS)

Mentions & spécialités :

Domaine de l'affiche : Anthropologie sociale, ethnographie et ethnologie

Intitulés généraux :

Renseignements :

par courriel.

Direction de travaux d'étudiants :

par courriel.

Réception :

sur rendez-vous par courriel.

Site web : http://www.iiac.cnrs.fr/article1906.html

Site web : http://www.iiac.cnrs.fr/article1920.html

Adresse(s) électronique(s) de contact : catherine.neveu(at)ehess.fr, maxime.vanhoenacker(at)ehess.fr

Dernière modification de cette fiche par le service des enseignements (sg12@ehess.fr) : 31 janvier 2018.

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