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Base de données des enseignements et séminaires de l'EHESS

Crise et critique

  • Didier Fassin, directeur d'études de l'EHESS, professeur à l'Institute for Advanced Study, Princeton ( IRIS )

    Cet enseignant est référent pour cette UE

S'il s'agit de l'enseignement principal d'un enseignant, le nom de celui-ci est indiqué en gras.

  • Lundi 8 janvier 2018, de 9 h à 18 h : salle BS1_05 (54 bd Raspail 75006 Paris)
  • Mardi 9 janvier 2018, de 9 h à 18 h : amphithéâtre François-Furet (105 bd Raspail 75006 Paris)
  • Mercredi 10 janvier 2018, de 9 h à 18 h : amphithéâtre François-Furet (105 bd Raspail 75006 Paris)

Depuis l’enquête pionnière de Reinhart Koselleck, il est généralement admis que la notion de crise est un trait fondamental de la modernité et qu’elle est étroitement associée à l’émergence de la critique dans le monde occidental. La crise n’existe pas en tant que telle, elle est le produit d’un jugement critique sur l’histoire du présent. Au cours de la période récente, cependant, un mouvement inverse semble s’être produit avec une généralisation et même une banalisation du discours sur la crise que traverseraient les sociétés contemporaines, tandis que la critique paraissait sinon s’essouffler, comme ont pu l’affirmer certains, du moins perdre de sa légitimité et de sa force. Mais de quelle crise parle-t-on, et à quelle critique s’en prend-on ? C’est à ces questions que le séminaire s’efforcera de répondre en explorant à la fois les formes multiples de la crise (sociale, politique, morale, cognitive, etc.) et les expressions diverses de la critique (théorie critique, critique généalogique, etc.). Il s’agira à la fois de relire des textes et des auteurs et de revisiter des enquêtes et des travaux en puisant dans des sources au croisement de plusieurs disciplines. Les exposés seront complétés par des lectures commentées et des conférences invitées.

Lundi 8 janvier, de 9 h à 13 h : Critique de la crise (1). Généalogies

Étude de cas : ce que la crise fait à la démocratie

Textes de Reinhart Koselleck, Janet Roitman et Joseph Masco

Lundi 8 janvier, de 14 h à 18 h : Critique de la crise (2). Variétés

Étude de cas : économie morale, crise humanitaire

Textes de David Bond, Dimitrios Gkintidis et Andrew Lakoff

Mardi 9 janvier, de 9 h à 13 h : Constructions (1). Temporalités

Étude de cas : rendre visible, rendre invisible

Textes de Rebecca Bryant, Sarah Muir et Dipesh Chakrabarty

  • Invitée : Sophie Wahnich, CNRS, Institut interdisciplinaire d’anthropologie du contemporain

Mardi 9 janvier, de 14 h à 18 h : Constructions (2). Expériences  

Étude de cas : épreuve épidémiologique, épreuve épistémologique  

Textes de Matthew Desmond, Jaime Palomera et Jessica Winegar

  • Invité : Hamit Bozarslan, EHESS, Centre d’études sociologiques et politiques Raymond Aron

Mercredi 10 janvier, de 9 h à 13 h : Crise de la critique (1). Formes

Étude de cas : critiquer, c’est différencier

Textes de Michel Foucault, Axel Honneth et Talal Asad

  • Invité : Luc Boltanski, EHESS, Institut de recherche interdisciplinaire sur les enjeux sociaux

Mercredi 10 janvier, de 14 h à 18 h : Crise de la critique (2). Contestations

Étude de cas : le moment critique

Textes de Bruno Latour, Jacques Rancière, Wendy Brown

  • Invité : Bernard Harcourt, Columbia Univ., Center for Contemporary Critical Thought, EHESS

Suivi et validation pour le master : Hebdomadaire semestriel (24 h = 6 ECTS)

Mentions & spécialités :

Domaine de l'affiche : Anthropologie sociale, ethnographie et ethnologie

Intitulés généraux :

  • Didier Fassin- Anthropologie politique et morale
  • Renseignements :

    Didier Fassin, Institute for Advanced Study, Einstein Drive, Princeton, NJ 08540. Contact : cchalfoun(at)ias.edu

    Direction de travaux d'étudiants :

    sur rendez-vous.

    Réception :

    sur rendez-vous.

    Site web : http://www.sss.ias.edu/faculty/fassin

    Site web : http://iris.ehess.fr/index.php?131

    Adresse(s) électronique(s) de contact : cchalfoun(at)ias.edu

    Compte rendu

    Depuis l’enquête pionnière de Reinhart Koselleck, il est généralement admis que la notion de crise est un trait fondamental de la modernité et qu’elle est étroitement associée à l’émergence de la critique dans le monde occidental. La crise n’existe pas en tant que telle, elle est le produit d’un jugement critique sur l’histoire du présent. Au cours de la période récente, cependant, un mouvement inverse semble s’être produit avec une généralisation et même une banalisation du discours sur la crise que traverseraient les sociétés contemporaines, tandis que la critique paraissait sinon s’essouffler, comme ont pu l’affirmer certains, du moins perdre de sa force et de sa légitimité. Mais de quelle crise parle-t-on, et à quelle critique s’en prend-on ? C’est à ces questions que le séminaire s’est efforcé de répondre en explorant à la fois les formes multiples de la crise et les expressions diverses de la critique.
    Le séminaire s’est d’abord attaché à discuter la généalogie de la notion de crise à partir d’une enquête philologique et historique. Il s’est ensuite orienté vers une discussion critique des questions de construction des crises, de diversité et de temporalité, de formes et d’expériences sur la base d’une série d’études de cas : surexposition de la crise des migrants et invisibilisation de la crise de l’institution punitive en Europe ; crise épidémiologique et crise épistémologique autour du sida en Afrique du Sud ; crise humanitaire et crise politique à la suite de glissements de terrain au Venezuela. Il a enfin discuté la crise de la critique dans les sciences sociales et les humanités, et les pistes en vue de son renouvellement.
    Quatre interventions sont venues enrichir la compréhension des crises : Sophie Wahnich, directrice de recherche au CNRS, a discuté la crise de l’humanisme à la lumière des débats autour de la Révolution française depuis un demi-siècle ; Hamit Bozarslan, directeur d’études à l’EHESS, a traité de la crise révolutionnaire dans une perspective à la fois théorique et historique, en référence notamment aux printemps arabes ; Luc Boltanski, directeur d’études émérite à l’EHESS, est revenu sur l’opposition entre sociologie critique et sociologie pragmatique de la critique ; et Bernard Harcourt, professeur à l’université de Columbia et directeur d’études à l’EHESS, s’est intéressé aux transformations de la critique comme pratique.
    Parallèlement à ce séminaire, le Summer Program in Social Science, destiné à une vingtaine de jeunes chercheurs d’Amérique latine, du Moyen Orient et d’Afrique, a focalisé une partie de son atelier sur une réflexion multi-située sur la question des crises.
    Par ailleurs, un programme annuel conduit avec George Steinmetz, professeur à l’Université du Michigan, s’est déroulé à l’Institute for Advanced Study de Princeton sur le thème « The Social Sciences in a Changing World » dont l’objectif était d’ébaucher une science sociale des sciences sociales. Plusieurs conférences ont par ailleurs été données : la Chaire Henri Janne à l’Université Libre de Bruxelles a été l’occasion d’une discussion des enjeux d’une anthropologie morale critique ; la Lezione Magistralis à l’Université de Bologne a porté sur les formes de vie ; la Lemkin Lecture de l’Université Rutgers a abordé l’éthique du ressentiment ; une conférence au Collège de France a proposé une approche critique de la santé globale. Enfin, une invitation à l’Université normale de Pékin, à l’Université Tongji de Shanghai et à l’Université de science et de technologie de Chengdu a permis la présentation d’une série de travaux récents.

    Publications

    • La Vie. Mode d’emploi critique, Paris, Seuil, 2018, 183 p.
    • The Will to Punish, Oxford, Oxford University Press, 2018, 194 p.
    • La ragione umanitaria. Una storia morale del presente, Rome, Derive Approdi, 2018, 308 p.
    • Life. A Critical User’s Manual, Cambridge, Polity Press, 2018, 159 p.
    • Castigar, Buenos Aires, Adriana Hidalgo, 2018, 260 p.
    • Avec S. Lézé, A questão moral. Uma antologia crítica, Campinas, Editora Unicamp, 2018, 560 p.
    • Por una repoliticización del mundo. Las vidas descartables como desafío del siglo XXI, Buenos Aires, Siglo veintiuno, 2018, 229 p.
    • « The Public Presence of Anthropology », A Critical Approach, Kritisk Etnografi-Swedish Journal of Anthropology, 2018, 1 (1), p. 13-23.
    • « Punishment », Political Concepts. A Critical Lexicon, The Balibar Edition, 2018, http://www.politicalconcepts.org/punishment-fassin/.
    • « Vor dem Gesetz. Politische Anatomie der Strafe », West End, 2017, 2, p. 99-110.
    • « Un mundo de cárceles », Review. Revista de Libros, Buenos Aires, 17, 2018, p. 8-11.
    • « Sure Looks a Lot Like Conservatism », London Review of Books, 40 (13), 2018.
    • « Anthropology’s Great Expectations », dans Anthropology of Our Times. An Edited Anthology in Public Anthropology, sous la dir. de S. Bangstad, New York : Palgrave-Macmillan, 2017, p. 109-130.
    • « Critica interrupta. La lecture durkheimienne du crime et du châtiment », dans Durkheim aujourd’hui, sous la dir. de C.-H. Cuin et R. Hervouet, Paris, PUF, 2018, p. 147-161.
    • « Une forme de vie contemporaine », dans Formes de vie, sous la dir. d’E. Ferrarese et S. Laugier, Paris, Éditions du CNRS, 2018, p. 25-40.
    • « A Moral Interpretation of Police Deviance », dans The Anthropology of Police, sous la dir. de K. Karpiak er W. Garriott, Londres, Routledge, 2018, p. 175-187.

    Dernière modification de cette fiche par le service des enseignements (sg12@ehess.fr) : 22 janvier 2018.

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