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Base de données des enseignements et séminaires de l'EHESS

Relations inter-diasporiques et dynamiques communautaires (XVIe-XIXe siècle)

  • Mathilde Monge, maître de conférences à l'Université Toulouse 2 Jean-Jaurès ( Hors EHESS )
  • Natalia Muchnik, maîtresse de conférences de l'EHESS (TH) ( CRH )

    Cet enseignant est référent pour cette UE

  • Marie-Carmen Smyrnelis, maître de conférences à l'Institut catholique de Paris ( Hors EHESS )

S'il s'agit de l'enseignement principal d'un enseignant, le nom de celui-ci est indiqué en gras.

1er, 3e, et 5e jeudis du mois de 17 h à 19 h (salle 5, 105 bd Raspail 75006 Paris), du 2 novembre 2017 au 17 mai 2018. Pas de séance le 1er mars, le 5 avril et le 3 mai 2018. La séance du 17 mai se déroulera en salle 8 (105 bd Raspail 75006 Paris)

Face au morcellement des historiographies, ce séminaire examine le fait diasporique par une approche comparée et croisée de plusieurs diasporas des XVIe-XIXe siècles (séfarades, huguenots, grecs, mennonites, etc.). Contrairement aux diasporas contemporaines, elles permettent en effet de saisir l’ensemble du cycle diasporique, de l’émergence à la dilution, mais aussi le poids spécifique du religieux en amont des bouleversements de la sécularisation. On peut y lire la tension entre hétérogénéité et unité du phénomène, les effets des persécutions et de la clandestinité, la cristallisation des identités et des conflits d’appartenance ainsi que la construction de la mémoire collective.

Après avoir analysé les relations des diasporas au(x) territoire(s) en 2008-2011, le séminaire a envisagé les modes d’intégration en milieu urbain en 2012-2014 : les sociabilités professionnelles, les notions de coexistence, de clandestinité et de voisinage puis les espaces interstitiels et « intermédiaires » de la ville (rues, auberges, etc.). Depuis 2015, nous centrons la réflexion sur l’articulation entre extranéité et inclusion, tant à l’échelle urbaine que globale, en analysant notamment les rapports aux différents pouvoirs et la constitution des réseaux personnels et collectifs. La pratique des langues, locales et/ou appropriées par les minorités diasporiques, a particulièrement retenu notre attention en 2016-2017.

Nous nous proposons désormais, en 2017-2018, de nous intéresser à l’architecture globale des groupes diasporiques. Nous nous pencherons ainsi sur les relations inter-diasporiques aux différentes échelles (individuelle, communautaire, etc.), aspect qui a fortement mobilisé les diaspora studies en ce qu’il minore la primauté du religieux et de la confiance qui y est associée dans la structuration des groupes. Il s’agira dès lors de comprendre et de mesurer le poids de ces liens inter-diasporiques dans la configuration et la cohésion des communautés. Nous interrogerons ensuite, dans cette perspective, le processus de métropolisation qu’ont connues certaines implantations. Situées dans des villes portuaires fortement cosmopolites et « communautarisées » tels qu’Amsterdam, Londres, Hambourg, Smyrne et Istanbul, elles structuraient les diasporas à l’échelle globale et régionale. Les métropoles et les villes-étapes, nœuds des migrations, de Goa à Mexico, sont alors autant de creusets pour des segments diasporiques, circonscrits dans le temps et dans l’espace. Ces segments, fortement hétérogènes et perçus comme autant de diasporas within a Diapora (J. Israël), feront l’objet du troisième temps de notre réflexion.

18 janvier 2018 : David Do Paço (Sciences Po-Paris), « Les appartenances et les ressources sociales d'une famille de partisans jacobites : les Herbert-Rathkeal d'Istanbul à Houston, fin XVIIe-mi-XIXe siècle »

1er février 2018 : Boris Adjémian (IMAF-Bibliothèque Nubar), « Mémoires d'exil et mémoires d'hôte en diasporas : réflexion sur le cas des Arméniens d'Éthiopie au XXe siècle »

15 mars 2018 : Eleonora Canepari (Université d’Aix-Marseille), « Proximités à distance. Les liens communautaires entre ville et lieux d'origine (Rome, époque moderne) »

Suivi et validation pour le master : Bi/mensuel annuel (24 h = 6 ECTS)

Mentions & spécialités :

Domaine de l'affiche : Histoire - Histoire et civilisations de l'Europe

Intitulés généraux :

  • Natalia Muchnik- Les diasporas à l’époque moderne, XVIe-XVIIIe siècle : comparaisons, connexions
  • Renseignements :

    par courriel.

    Direction de travaux d'étudiants :

    sur rendez-vous par courriel : natalia.muchnik(at)ehess.fr

    Réception :

    permanence le lundi de 10 h à 13 h.

    Niveau requis :

    ouvert à tous.

    Adresse(s) électronique(s) de contact : natalia.muchnik(at)ehess.fr, monge.mathilde(at)gmail.com, smyrnelis.mc(at)gmail.com

    Compte rendu

    Face au morcellement des historiographies, ce séminaire examine le fait diasporique par une approche comparée et croisée de plusieurs diasporas des XVIe-XIXe siècles (séfarades, huguenots, Grecs, mennonites, etc.). Contrairement aux diasporas contemporaines, elles permettent en effet de saisir l’ensemble du cycle diasporique, de l’émergence à la dilution, mais aussi le poids spécifique du religieux en amont des bouleversements de la sécularisation. On peut y lire la tension entre hétérogénéité et unité du phénomène, les effets des persécutions et de la clandestinité, la cristallisation des identités et des conflits d’appartenance ainsi que la construction de la mémoire collective.
    Après avoir analysé les relations des diasporas au(x) territoire(s) en 2008-2011, nous poursuivons depuis 2012 une approche plus ciblée et localisée des modes d’intégration et des interactions entre les groupes diasporiques en milieu urbain. Amsterdam, Anvers, Bordeaux, Cadix, Cologne, Hambourg, Constantinople, Livourne, Londres, Smyrne et Venise, entre autres, nous offrent des cadres d’étude privilégiés. Ces villes, comparables par leur dynamique commerciale mais différenciées par leurs contextes politiques, permettent de tester la pertinence du concept de diaspora dans des sociétés portuaires cosmopolites. Après les modes d’agrégation et de ségrégation, les sociabilités professionnelles, les notions de coexistence, de clandestinité et de voisinage en 2012-2014, le séminaire a plus précisément interrogé, en 2015-2016, l’articulation entre extranéité et inclusion.
    En 2017-2018, nous nous sommes intéressés à l’architecture des groupes diasporiques dans leur globalité. Nous avons ainsi envisagé les relations inter-diasporiques aux différentes échelles (individuelle, communautaire, etc.), un aspect qui a relativement peu mobilisé les diaspora studies, sans doute parce qu’il minore la primauté du facteur religieux et de la confiance qui y est associée dans la structuration des groupes. Il s’agissait de comprendre et de mesurer la force de ces liens inter-diasporiques dans la configuration et la cohésion des communautés. Puis, dans cette perspective, nous avons examiné les processus de métropolisation qu’ont connus certaines implantations. Ces métropoles, situées dans des villes portuaires fortement cosmopolites et « communautarisées », structurent les diasporas à l’échelle globale et régionale. Nœuds des migrations, de Goa à Mexico, elles constituent aussi des creusets pour des segments diasporiques, circonscrits dans le temps et dans l’espace. Ces segments, fortement hétérogènes et perçus comme autant de diasporas within a Diapora (J. Israël), brièvement envisagés en mai, seront plus précisément étudiés en 2018-2019.
    L’approche générale a été complétée, en 2018, par trois interventions croisant les thématiques traitées par ailleurs. En janvier, la présentation de David Do Paço (Science Po-Paris) sur « Les appartenances et les ressources sociales d’une famille de partisans jacobites : les Herbert-Rathkeal d’Istanbul à Houston, fin XVIe-mi XIXe siècle » est revenue sur les échelles d’appartenance en abordant les processus de métropolisation diasporique. En février, Boris Adjémian (Bibliothèque Nubar) a évoqué les « Mémoires d’exil et mémoires d’hôte en diasporas : réflexion sur le cas des Arméniens d’Éthiopie au XXe siècle », introduisant la question des segments diasporiques. Enfin, en mars, Éleonora Canepari (Université d’Aix-Marseille) s’est penchée sur les « Proximités à distance. Les liens communautaires entre ville et lieux d’origine » dans la Rome moderne, montrant concrètement comment pouvaient se construire des « communautés translocales » sur plusieurs générations.

    Publications

    • Avec M. Monge, Fragments d’exils : temporalités, appartenances, numéro thématique de la revue Diasporas. Circulations, migrations, histoire, 31, 2018.
    • « Orobio contra Prado : A Trans-European Controversy », dans Isaac Orobio : The Jewish Argument with Dogma and Doubt, sous la dir. de C. Wilke, Berlin, De Gruyter, 2018, p. 31-56.
    • « Une intolérance bien légère ? Les judaïsants d’Anvers (XVIe et XVIIe siècles) », Annales de Bretagne et des pays de l’Ouest, 125, 2018, p. 111-122.
    • « Les marranes » et « Les diasporas », dans L’Europe. Encyclopédie historique, C. Charles et D. Roche, Arles, Actes Sud, 2018.

    Dernière modification de cette fiche par le service des enseignements (sg12@ehess.fr) : 3 mai 2018.

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