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Base de données des enseignements et séminaires de l'EHESS

Étudier les cultures du numérique : approches théoriques et empiriques

  • Antonio A. Casilli, maître de conférences à Telecom ParisTech ( IIAC-CEM )

    Cet enseignant est référent pour cette UE

S'il s'agit de l'enseignement principal d'un enseignant, le nom de celui-ci est indiqué en gras.

Lundi de 17 h à 20 h (salle M. & D. Lombard, 96 bd Raspail 75006 Paris), du 13 novembre 2017 au 11 juin 2018. Cf. calendrier des séances ci-dessous

Arrivé à sa dixième édition, ce séminaire propose un panorama des études contemporaines les plus innovantes et les plus significatives dans le domaine des humanités numériques et de la sociologie des usages des technologies de l'information et de la communication. Chaque séance de l'enseignement accueille des chercheurs internationaux et des « grands témoins » pour donner un aperçu de leurs expériences, des processus qu'ils ont mis en place pour former leurs objets de recherche, des nouvelles méthodologies qu'ils ont mobilisé, des débats qui animent les disciplines lorsqu'elles se proposent d'expliquer les phénomènes liés au numérique.

Les usages actuels influencent non seulement les transformations des pratiques communicationnelles et productives, mais également l’émergence de nouvelles définitions de soi, de nouvelles subjectivités politiques, ainsi que de sociabilités inédites. Comment les modalités et les cadres analytiques de la recherche s'adaptent-ils pour prendre en compte les formes du vivre ensemble à l'heure de la connectivité généralisée ?

13 novembre 2017 : Antonio Casilli (ParisTech/EHESS), « Des intelligences pas si artificielles : plateformes, digital labor et la “tentation d'automatiser” »

4 décembre 2017 (amphithéâtre François-Furet, 105 bd Raspail 75006 Paris) : Bernie Hogan (Oxford Internet Institute), « Control, Privacy, Generativity: Big Data after the Ideology of Machine Learning »

This talk will unpack the three competing tensions for platforms in the age of big data. Users expect autonomy and privacy, platforms expect control and third parties expect privacy. It is not plausible to optimise for all three. Yet, in the absence of regulations for third parties and platforms, as well as public ignorance of important technical details, platforms will seek ever more control. The purpose of control is foster increasing strategies for predictability and monetization. What is lost when control is gained has been called "generativity" or the capacity to foster innovation and imagination through technology. Social network visualization will be presented as a case study in how both the user and third parties lose when we are left to view data solely through the eyes of the platform's preferred interface.

8 janvier 2018 : Olivier Ertzscheid (Université de Nantes - IUT La Roche-sur-Yon), « L'appétit des géants : les plateformes sont-elles des gouvernements comme les autres ? »

Les États-Unis viennent d’acter la fin du principe de neutralité du net ; certains des créateurs de Facebook traversent un syndrome de Frankenstein et parlent de leur créature comme d’un « monstre » ; de plus en plus d’ingénieurs de la Silicon Valley traversent une crise éthique qui les amène à critiquer le rôle des technologies qu’ils ont eux-mêmes construits. C'est aujourd'hui que la question posée depuis plus de 10 ans par Tim Berners Lee apparaît comme absolument cruciale d’un point de vue sociétal, économique mais aussi politique : quel est le rôle joué par les « jardins fermés » et les plateformes dans la normalisation d’usages de plus en plus contraints, aliénants et à rebours de la philosophie initiale du projet web ? Autour de l’ouvrage « L’appétit des géants », et au travers de quelques exemples touchant notamment aux questions de gouvernementalité algorithmique et de libertés numériques, nous nous interrogerons sur ce que les nouvelles formes de calcul et de computation à l’œuvre dans ces plateformes sont en capacité de produire ou d’induire comme nouvelles formes de compréhension du monde. Et peut-être (et cela semble inédit à l’échelle de l’épistémologie des sciences) de quelles formes de compréhension du monde ces nouvelles formes de calcul peuvent également nous priver.

L'enseignement est ouvert aux auditeurs libres. Pour s’inscrire, merci de renseigner le formulaire.

12 février 2018 : Jean-Gabriel Ganascia (Université Pierre et Marie Curie), « Épistémologie de l'apprentissage machine »

L’écho grandissant que reçoivent les big data et l’apprentissage profond (Deep Learning) depuis quelques années masque mal leurs limitations. Si ces techniques apportent et apporteront beaucoup dans un grand nombre de secteur, par exemple dans le domaine médical, pour aider à diagnostiquer des maladies, ou dans le champs social, pour faire de la prédiction et rationaliser certains choix, elles reposent sur l’induction, c’est-à-dire sur le raisonnement qui va du particulier au général. En conséquence, elles sont soumises aux limitations logiques de toute induction, que nous tâcherons de rappeler ici. De plus, comme nous le montrerons, ces techniques permettent de détecter des corrélations qui ne correspondent pas toutes à des relations de causalités, et qui s’avèrent parfois trompeuses. Enfin, nous verrons que l’emploi abusif de procédures de décision fondées sur l’apprentissage machine peut avoir des effets prédateurs sur la société, car loin d’être objectifs, les choix reposent sur des implicites qui peuvent éventuellement avoir des effets discriminatoires.

12 mars 2018 : Yves Citton (Université Paris 8), « Penser les médias numériques : ouvrir les boîtes noires pour surprendre la médiarchie »

Mercredi 28 mars 2018 (amphithéâtre François-Furet) : Gabriella Coleman (anthropology professor at the Wolfe Chair in Scientific & Technological Literacy, McGill University, Montreal, Quebec), « HackAccess : How Anonymous reinvented the hack-leak combo »

9 avril 2018 : Payal Arora (Erasmus University Rotterdam), Edgar C. Mbanza (EHESS), « Mobilizing the ludic underclass in the digital age »

14 mai 2018 : Marie Bergström (INED), « Au bonheur des (plateformes de) rencontres : entre couples et hétérosexualité non conjugale »

11 juin 2018 : Juan Carlos De Martin (Nexa - Politecnico di Torino), « The historical mission of the university in the wake of the digital revolution »

Intitulés généraux :

Centre : IIAC-CEM - Centre Edgar Morin

Renseignements :

le séminaire est ouvert aux auditeurs libres, mais il est demandé aux participants d’annoncer leur présence en écrivant à l'enseignant. Les annonces des séances sont diffusées sur le site web http://www.casilli.fr.

Direction de travaux d'étudiants :

les étudiant(e)s souhaitant valider leur participation au séminaire doivent participer aux séances et contribuer à des pages Wikipédia ayant trait aux sujets traités dans le séminaire (à concorder avec l'enseignant).

Réception :

sur rendez-vous uniquement.

Niveau requis :

Master.

Site web : http://www.casilli.fr

Adresse(s) électronique(s) de contact : antonio.casilli(at)ehess.fr

Dernière modification de cette fiche par le service des enseignements (sg12@ehess.fr) : 24 janvier 2018.

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