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Séminaire général du Centre Asie du Sud-Est (S.1). Histoire sociale de l’Asie du Sud-Est à l’époque moderne et jusque dans ses développements contemporains

  • Mathieu Guérin, maître de conférences à l'INaLCO ( CASE )

    Cet enseignant est référent pour cette UE

  • Emmanuel Poisson, professeur à l'Université Paris-Diderot (TH) ( Hors EHESS )

S'il s'agit de l'enseignement principal d'un enseignant, le nom de celui-ci est indiqué en gras.

Jeudi (INALCO, 65 rue des Grands Moulins 75013 Paris), les 26 octobre, 16 et 30 novembre, 7 et 21 décembre 2017 et 18 janvier 2018. Horaire précisé ultérieurement

« L’imprévu dans l’histoire : catastrophes et cataclysmes en Asie du Sud-Est »

Depuis le début des temps modernes jusqu’à nos jours, les sociétés d’Asie du Sud-Est ont régulièrement été touchées par des catastrophes, des changement brutaux, inattendus et aux effets dévastateurs. Certains sont des cataclysmes, des catastrophes d’origine naturelle, telle l’éruption du Krakatoa en 1883 ou le tsunami de 2004, d’autres sont liés à des événements d’origine humaine. Dans ce dernier registre, la chute des capitales occupe une place particulière dans l’écriture de l’histoire de la région : Angkor en 1431, Vijaya en 1471, Melaka en 1511, Ayutthaya en 1569 puis en 1767, Longvek en 1594, Vientiane en 1827, Hanoi en 1954, Phnom Penh et Saigon en 1975. Malgré leur extrême violence pour les contemporains qui ont vécu ces événements, et même si beaucoup de ces moments critiques réunissent les conditions d’une rupture de l’ordre socio-politique, tous ne sont pas considérés comme des ‘cosmodrames’ (Paul Mus), autrement dit comme une arythmie significative dans la durée des sociétés. Les cataclysmes paraissent ainsi avoir été minorés tandis que la chute des capitales fut l’objet d’une cristallisation singulière de la mémoire collective, comme en attestent notamment les chroniques royales. Parfois même, les cataclysmes et autres anomalies naturelles (monstres, prodiges, comètes) sont intégrés aux récits comme autant de signes annonciateurs de la chute.

À travers une série d’études de cas, les intervenants seront invités à vérifier cette hypothèse en revisitant la notion classique de crise (krisis) entendue comme déchirement, jugement, choix, décision face à l’imprévu dans l’histoire, l’imprévu étant ici restreint aux calamités, elles-mêmes dialectisées par deux entités, la Nature et le Politique, avec d’un côté les cataclysmes (météorites, éruptions volcaniques, tsunamis, cyclones, tempêtes, sécheresses…), et de l’autre les catastrophes anthropiques (épidémies, guerres, famines..).

Il s’agira ainsi d’avancer dans la compréhension des rythmes propres aux sociétés modernes et contemporaines de l’Asie du Sud-Est en appréhendant leurs réactions à des crises brutales et inattendues.

7 décembre (de 13 h 30 à 16 h 30) :

  • Olivier Tessier (EFEO, Centre Asie du Sud-Est UME 8170, CNRS/EHESS/INaLCO), « Inondations vs sécheresses dans le delta du fleuve Rouge (Vietnam) : une lutte séculaire de l’État et de la population contre les colères du fleuve »
    L’histoire de la mise valeur du delta du fleuve Rouge et de son occupation humaine est intimement liée à l’histoire de la maitrise de l’eau et du réseau hydrographique qui l’a façonné par un long processus d’alluvionnement. La préoccupation centrale de se protéger des crues violentes des fleuves en élevant des digues est une constante de l’histoire ancienne et contemporaine du Vietnam qui a participé à structurer les rapports entre l’État et la paysannerie ne serait-ce que parce que dans ce pays presque exclusivement rural, la production agricole constituait la plus importante source de revenus de l’État impérial par le biais de l’imposition des paysans et des terres. Il lui a donc fallu œuvrer depuis des siècles pour sécuriser au mieux cette rente indispensable à son existence même, et ceci dans une région caractérisée par une incertitude agricole chronique où à la menace de la sécheresse qui pesait sur les cultures du 5ème mois, succédait les risques de crues et d’inondations synonymes des destructions des cultures du 10e mois.
  • Luis Filipe Thomaz (Academia Portuguesa de História, Academia de Marinha, Lisboa, Centre Asie du Sud-Est UMR 8170, CNRS/EHESS/INaLCO), « La chute de Malacca en 1511»
    La chute de Malacca en 1511 ne explique pas par la supériorité de l'armement des Portugais car les chroniques notent que du butin que ceux-ci firent faisaient partie plus de 2000 canons. Il y avait toutefois une certaine supériorité tactique en ce qui concerne l'utilisation de l'artillerie à bord des navires. La population de Malacca était assez hétéroclite, des faubourgs entiers étant occupés par des communautés marchandes d'origine étrangère, qui ont en partie collaboré avec les Portugais ou, du moins, gardé la neutralité. Il semble que le dernier sultan qui régna dans la cité avait mis en pratique une politique assez islamique, qui mécontenta du moins les hindous et les chinois, tout en essayant de faire de Malacca une ville sainte, à l'instar de la Mecque, et ainsi « malaïser » l'islam. Il y aurait ainsi une certaine similitude entre la chute du sultanat et celle de l'empire Mogol, à l'époque d'Aurangzeb.

21 décembre 2017 : L'imprévu dans l'histoire : catastrophes et cataclysmes en Asie du Sud-Est

  • Grégory Mikaelian (Centre Asie du Sud-Est UME 8170, CNRS/EHESS/INaLCO), « La fin d’Angkor la Grande, la prise de Longvek par les Siamois et la conquête de Phnom Penh par les Khmers Rouges : retour sur trois moments critiques de l’histoire de la royauté cambodgienne »
    Lieu de résidence des grandes maisons aristocratiques du royaume, la capitale incarne ici-bas l’ordre établi au nom des dieux par le roi. Son abandon, sa capture par l’ennemi ou sa déréliction par subversion des valeurs qui l’habitent sont autant de situations critiques, propices à la décision politique. Elles ne sont cependant pas toutes semblables. Confrontés à la nécessité d’un nouvel ordonnancement politique, les grands du royaume imaginent et refondent le pouvoir différemment selon qu’ils accompagnent, subissent ou provoquent la catastrophe. L’illustre en particulier trois moments de l’histoire de la royauté cambodgienne : la fin d’Angkor la grande (XVe siècle), la prise de Longvek par les Siamois (1594) et la conquête de Phnom Penh par les Khmers Rouges (1975).
  • Frank Lavigne (Laboratoire de géographie physique, UMR 8591, Paris), « Des “lontars” indonésiens comme révélateurs de la plus grosse éruption de l’Histoire en 1257 »

Aires culturelles : Asie sud-orientale,

Suivi et validation pour le master : Bi/mensuel annuel (24 h = 6 ECTS)

Mentions & spécialités :

Intitulés généraux :

Centre : CASE - Centre Asie du Sud-Est

Adresse(s) électronique(s) de contact : mathieu.guerin(at)inalco.fr, emmanuel.poisson(at)univ-paris-diderot.fr

Dernière modification de cette fiche par le service des enseignements (sg12@ehess.fr) : 22 janvier 2018.

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