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Base de données des enseignements et séminaires de l'EHESS

La quête de l’ailleurs dans le cinéma documentaire et de fiction

S'il s'agit de l'enseignement principal d'un enseignant, le nom de celui-ci est indiqué en gras.

Lundi de 14 h à 17 h (amphithéâtre François-Furet, 105 bd Raspail 75006 Paris), Cf. calendrier détaillé des séances ci-dessous

  • Lundi 15 janvier, de 10 h à 13 h : Amphithéâtre François-Furet, 105 bd Raspail 75006 Paris
  • Lundi 29 janvier, de 14 h à 17 h : salle 4, 105 bd Raspail 75006 Paris
  • Lundi 5 février, de 14 h à 17 h : salle 1, 105 bd Raspail 75006 Paris
  • Lundi 19 février, de 14 h à 17 h : salle 7, 105 bd Raspail 75006 Paris
  • Lundi 5 mars, de 14 h à 17 h : Amphithéâtre François-Furet, 105 bd Raspail 75006 Paris
  • Lundi 19 mars, de 14 h à 17 h : Amphithéâtre François-Furet, 105 bd Raspail 75006 Paris
  • Lundi 9 avril, de 14 h à 17 h : Amphithéâtre François-Furet, 105 bd Raspail 75006 Paris
  • Mercredi 16 mai, de 14 h à 17 h : Amphithéâtre François-Furet, 105 bd Raspail 75006 Paris
  • Lundi 4 juin, de 14 h à 17 h : Amphithéâtre François-Furet, 105 bd Raspail 75006 Paris

Ce séminaire a pour ambition de croiser les approches d’anthropologues et de cinéastes sur le thème de « la quête de l’ailleurs ». Ce phénomène se traduit par l’émigration vers un autre pays ou par un voyage intérieur à la recherche de nouveaux territoires existentiels. Nous interrogerons des documents filmiques, extraits de fictions ou de documentaires, qui témoignent d’une quête de soi et de nouvelles identités. Ces « déplacements » seront questionnés dans une perspective anthropologique, prenant en compte l’épreuve physique, les affects, l’inconscient et les parcours biographiques. Il s’agit de tenter d’expliciter de quelle façon la caméra révèle des non dits, fait surgir des émotions, dénonce des violences, provoque des situations inédites, met en scène des actions collectives et transforme le réel.

15 janvier : Présentation du séminaire

29 janvier : Caterina Pasqualino (anthropologue et réalisatrice), « La quête du paradis terrestre », présentation du film Terra inquieta (60')

5 février : Corinne Fortier (anthropologue et réalisatrice), « Quête de l’ailleurs et quête de soi », présentation des films Diane, 24 heures dans la vie d’une femme (15') et Marjatta l’éblouie (52')

19 février : Corinne Fortier et Caterina Pasqualino, « Quête de l’ailleurs et migration : analyse filmique »

5 mars : Denis Gheerbrant (réalisateur) présentation du film Mallé en son exil (2017, 105 mns) Prix de la diversité – Prix du CGET du festival « Traces de vie »

Mallé exilé, comme tant d'autres qui sont parmi nous et que nous ne voyons pas. Comme eux, il vide nos poubelles, nettoie nos cages d'escaliers et disparait le soir dans son foyer.
Mallé le noble, riche de toute l'histoire qui le relie aux grands mythes des Soninkés du Mali, explore avec le cinéaste son monde, le monde qu'il a emporté avec lui et qui le structure. Cinq ans dans la vie d'un exilé, à l'approche d'une autre manière de penser.

Denis Gheerbrant filme seul dans des relations suivies ou des rencontres fortuites. Sur chaque film, son questionnement travaille à faire émerger une parole propre à chacun de ses interlocuteurs. Co-fondateur, en 1992, de l'association des cinéastes documentaristes, ADDOC, il enseigne épisodiquement à la Fémis.

 Il est l’auteur d'une dizaine de films documentaires : On a grèvé (2014), La république Marseille (2009), Après, un voyage dans le Rwanda (2004), Une lettre à Van Der Keuken (2001), Le voyage à la mer (2000), Grands comme le monde 1998, La vie est immense et pleine de dangers (1994), Et la vie (1991), Histoire de parole (1986), Question d’identité (1985), Amour rue de Lappe (1984), Printemps de square (1978).

19 mars :  Guglielmo Scafirimuto « Quand les migrants font des films. Passage de la représentation à l'autoreprésentation des migrants dans le cinéma italien et français »

9 avril : Jonathan Larcher (anthropologue et réalisateur), « Voyages, archives et enchantement technologique »

Cette présentation porte sur une tradition de création filmique qui invente des formes à l'intersection du cinéma documentaire, de l’anthropologie, des pratiques filmiques vernaculaires et des technologies de l'image de basse résolution. La généalogie élaborée au fil de cette communication porte sur deux tendances clairement identifiées au sein de cette tradition.

La première est incarnée par des pratiques et des formes de réappropriation plastique d’imageries et d’archives consacrées, modifiant leur statut, les faisant ainsi passer de l’état de symbole à celui de matière (Delaine Le Bas, Damian James Le Bas, Lo Thivolle, collectif Brèches…).

La seconde renvoie à une histoire des inventions formelles attentives à l’articulation entre les technologies utilisées par les cinéastes et celles usitées par leurs interlocuteurs. Ces pratiques filmiques accordent ainsi une pleine légitimité plastique et descriptive aux images vernaculaires de basse résolution (David MacDougall, Bijan Anquetil…).

16 mai : Nicolas Jaoul, anthropologue (CNRS-IRIS), « Par-delà l’écriture : cinématographier la lutte des dalits en Inde »

Sangharsh. Le temps de la lutte (Sister Productions, 2018, 105 minutes) est un film documentaire sur le mouvement des Dalit Panthers tourné durant mon enquête de thèse en Uttar Pradesh à la fin des années 1990, et monté en 2017.

Qu’est-ce que ce film permet de révéler de fondamental sur ce mouvement d’émancipation, par rapport à l’écriture en sciences sociales ? En quoi était-il nécessaire ?

Je réfléchirai à la manière dont le cinéma en tant qu’outil m’a permis d’évoquer la quête utopique d’une société libérée des castes, à travers des lignes de fuite qui semblent dessiner un horizon inatteignable de l’émancipation humaine, y compris chez les personnages, sur un plan existentiel.

À partir d’une réflexion sur le travail du montage, je questionnerai la notion d’écriture cinématographique pour souligner des méthodes plus intuitives de maniement de la matière sonore et visuelle contenue dans les rushes.

L’exposé sera basé sur des extraits du film.

4 juin : Boris Petric (anthropologue, directeur de recherche au CNRS, directeur du Centre Norbert Elias à Marseille), « Le vin des autres. La France, la Chine, le vin et la globalisation », Chateau Pékin, UpStudio/Fabrique, 64 min, 2018

La quête de l'ailleurs peut se trouver aussi bien au proche que le commun peut se manifester au lointain. L'anthropologie est alors interpellé à penser l'intensification de la circulation des biens, des personnes et des idées.

Ce processus se caractérise par des liens d'interdépendance croissant entre sociétés. Boris Petric évoquera cette question à travers son dernier film "Chateau Pékin". Le vin, ce produit si intime à la réalité nationale française devient un produit mondialisé qui implique en particulier des relations croissantes avec la Chine.

La quête de l'ailleurs s'analysera à travers des situations d'interactions sociales entre chinois et français où chaque protagoniste rêve, interprète, projète des sentiments et des désirs sur l'Autre.

Suivi et validation pour le master : Bi/mensuel annuel (24 h = 6 ECTS)

Mentions & spécialités :

Domaine de l'affiche : Anthropologie sociale, ethnographie et ethnologie

Intitulés généraux :

Renseignements :

Caterina Pasqualino et Corinne Fortier par courriel.

Adresse(s) électronique(s) de contact : cpasqualino(at)noos.fr, corinne.fortier(at)college-de-france.fr

Dernière modification de cette fiche par le service des enseignements (sg12@ehess.fr) : 24 avril 2018.

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