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Base de données des enseignements et séminaires de l'EHESS

Formes symboliques

  • Jean Lassègue, chargé de recherche au CNRS (TH) ( IMM-LiAS )

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1er et 3e jeudis du mois de 17 h à 19 h (salle des artistes, 96 bd Raspail 75006 Paris), du 2 novembre 2017 au 7 juin 2018. Séance supplémentaire le 23 novembre (même horaire, même salle)

Le séminaire se propose de tirer toutes les conséquences au plan perceptif, linguistique et culturel de l'idée d'une anthropologie d'emblée conçue comme sémiotique. En se fondant sur une critique raisonnée des principes structuralistes et en écartant toute la facilité consistant à s'en remettre à des principes générateurs que l'on suppose d'avance naturalisés, on trouvera dans les notions de forme transposable et de norme socialement partagée ce qui rend compte de la socialité des pratiques – bref, ce qui en fait des formes symboliques.

23 novembre 2017 : à l'occasion du 250e anniversaire de la naissance de Wilhelm von Humboldt, Jacques Dewitte fera un exposé sur le thème « Le prodige de l'origine des langues sur la pensée du langage de Wilhelm von Humboldt »

Wilhelm von Humboldt (1767-1835), le penseur allemand dont on célèbre cette année le 250e anniversaire, fut à la fois philosophe et linguiste. Il n’est pas seulement celui que beaucoup considèrent comme le plus grand penseur du langage (voir Sur le caractère national des langues et autres écrits sur le langage, éd. D. Thouard, Points-Essais), il fut un véritable linguiste qui a notamment entrepris de rassembler tout ce qu’on pouvait connaître à son époque sur les langues du monde (Amérique, Asie, Océanie). L’un des fils conducteurs de sa pensée fut précisément de chercher à articuler une conception d’ensemble faisant droit à la fois au caractère particulier des langues (chacune véhiculant une « vision du monde ») et à un horizon universel.
Dans une première partie, je retracerai les principales étapes de ses rencontres et de sa formation (Iéna, Paris, Rome, Berlin). Puis, j’aborderai un aspect peu connu de sa pensée du langage : la question de l’origine, ce qu’il a appelé lui-même, dans un de ses écrits français, « le prodige de l’origine des langues ». Humboldt récuse certes l’idée « chimérique » d’une langue originaire, mais il s’interroge,  dans plusieurs textes que je commenterai, sur le miracle que constitue la genèse (Entstehung) du langage et des langues, qui se répète chaque fois qu’un enfant commence à parler.

7 décembre 2017 : Sandra Laugier (Université Paris 1) fera un exposé sur le thème  : « Formes de langage, formes de vie »

La notion de forme de vie se retrouve dans de nombreux contextes théoriques : dans la théorie critique, Foucault et le biopolitique, Wittgenstein et Cavell, en anthropologie de la vie...  Les Lebensformen  sont des configurations de co-existence humaine, dont la texture est faite des pratiques qui les produisent, les reproduisent ou les modifient. Reste à préciser cette texture. Est-elle la forme que prend notre vie dans le langage ? Un agrégat de formes d’expression ? Une organisation sociale de la vie biologique ? Revenir à Wittgenstein dans un tel contexte renouvelé de discussion des Lebensformen, expression qui joue un rôle stratégique dans sa philosophie, permet de préciser quelle est cette texture qui est essentielle à cette notion, chez Wittgenstein liée à des formes de langage : apprendre un langage, c’est apprendre une grammaire, non au sens d’une intégration de règles, mais au sens de l’apprentissage de comportements, expressions et pratiques intégrés à une vie. « En apprenant le langage, on n’apprend pas seulement la prononciation des sons et, leur ordre grammatical, mais aussi les “formes de vie” qui font de ces sons les mots qu’ils sont, en état de faire ce qu’ils font – par exemple, nommer, appeler, montrer du doigt, exprimer un désir ou une affection, indiquer un choix ou une aversion, etc. »  (Cavell, Les Voix de la Raison, p. 271).

21 décembre 2017 : Légor Reznikoff (Université Paris 10) fera un exposé sur le thème  : « Le symbole sonore dans les grottes paléolithiques à peinture »

Pour la première fois en Préhistoire une recherche directe est faite pour pénétrer dans l'univers sonore des populations du Paléolithique, pour connaître quel rapport ces populations ont pu avoir avec les sons et préciser leur utilisation rituelle de la voix et des moyens sonores ; cette recherche étant basée sur une évidence directe, c'est-à-dire non pas simplement sur des analogies ou suppositions faites à partir d'études d'Anthropologie ou d'Ethnomusicologie comparées. Précisément à partir d'une approche acoustique, une étude est faite sur l'aspect sonore des grottes préhistoriques qui a pu être ressenti et utilisé par les hommes ayant décoré ces grottes au Paléolithique supérieur. On a étudié pour cela la correspondance entre, d'une part l'emplacement des peintures, dessins ou signes sur les parois et d'autre part la donnée sonore des grottes et précisément des lieux de résonance privilégiés de celles-ci. Les premières études en ce sens ont été faites dès 1983 et 1985 en Ariège (Grottes du Portel, de Fontanet et de Niaux). Ces résultats permettent d'établir la corrélation entre la dimension sonore et l'œuvre picturale. Les implications sur notre connaissance et compréhension des civilisations et de l'art préhistoriques sont évidemment importantes et, si ces études sont confirmées, ces résultats ouvrent des perspectives profondes et tout à fait nouvelles dans ce domaine (Argumentaire de l’article Michel Dauvois & Iégor Reznikoff, “La dimension sonore des grottes ornées”, Bulletin de la Société préhistorique française, 1988, 8 pp. 238-246).

18 janvier 2018 : Anna Maria Lorusso (Université de Bologne) fera un exposé sur le thème «  La normativité de la culture. Une perspective sémiotique »

La dimension « normative » du sens a été parfois négligée par la sémiotique en tant que discipline. En effet, si Louis Hjelmslev – référence explicite de la sémiotique de Greimas et de Eco – avait jadis évoqué la norme comme l’un des niveaux d’organisation du sens, mon impression est que, pourtant, la sémiotique a choisi d'être science de la parole (en tant que sémiotique du texte) ou science de la langue, en proposant quelques grammaires (comme dans les différents chemins génératifs). Cependant, le regain d’attention aux problèmes et aux dimension culturels a récemment poussé la sémiotique à réfléchir sur le niveau des normes, où l’on passe de l’individuel au sur-individuel, de la simple synchronie à la stratification synchronique, du contingent au régulier. En fait, la dimension normative implique aussi bien la « fixation de la croyance » (telle que Peirce l’a conçue) que un « jeu de règles qui détermine l'apparition ou la disparition des énoncés, leur persistance et leur extinction » (Foucault 1968 p.47).
Dans mon exposé, je reprendrai certaines catégories sémiotiques qui peuvent s’avérer fécondes pour approfondir la normativité dans une perspective discursive : i) la catégorie d’habitus, dans le sillage de Peirce ; ii) la catégorie d’encyclopédie, entre réalisme négatif et pragmatisme, dans le sillage d’Eco ; iii) les mécanismes stéréotypants de la culture, dans le sillage de Lotman ; iv) la catégorie de praxis énonciative, dans le sillage de Greimas.
En ne prétendant pas de proposer une théorie explicative de la normativité, je souhaite proposer certaines réflexions que la sémiotique devrait prendre en considération et approfondir.

Renseignements :

par courriel.

Site web : http://formes-symboliques.org/

Adresse(s) électronique(s) de contact : jean.lassegue(at)ehess.fr

Dernière modification de cette fiche par le service des enseignements (sg12@ehess.fr) : 22 janvier 2018.

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