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Base de données des enseignements et séminaires de l'EHESS

Politiques des sciences

  • Michel Barthélémy, chargé de recherche au CNRS ( IMM-CEMS )

    Cet enseignant est référent pour cette UE

  • Claude Calame, directeur d'études de l'EHESS (*) (TH) ( AnHiMA )
  • Manuel Cervera-Marzal, ATER à l'EHESS ( CESPRA )
  • Francis Chateauraynaud, directeur d'études de l'EHESS ( GSPR )
  • Sophie Desrosiers, maître de conférences de l'EHESS ( CRH )
  • Sandrine Garcia, professeur à l'Université de Bourgogne ( Hors EHESS )
  • Joël Laillier, maître de conférences à l'Université Paul Sabatier de Toulouse ( Hors EHESS )
  • Plinio Prado, maître de conférences à l'Université Paris 8 Vincennes-Saint-Denis ( Hors EHESS )
  • Christian Topalov, directeur d'études de l'EHESS (*) ( CMH )
  • Jérôme Valluy, maître de conférences à l'Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne ( Hors EHESS )
  • Patrick Vassort, maître de conférences à l'Université de Caen, membre de l'équipe CERReV (groupe de recherches Politique, Institution et Symbolique (PoLIS)) ( Hors EHESS )

S'il s'agit de l'enseignement principal d'un enseignant, le nom de celui-ci est indiqué en gras.

1er jeudi du mois de 17 h à 20 h (salle M. & D. Lombard, 96 bd Raspail 75006 Paris), du 5 octobre 2017 au 7 juin 2018. La séance du 2 novembre 2017 se déroulera en salle 13 (105 bd Raspail 75006 Paris). Pas de séance le 7 décembre. Séances supplémentaires le 15 janvier 2018, de 17 h à 21 h (salle M. & D. Lombard, 96 bd Raspail 75006 Paris) et le 17 mai 2018, de 17 h à 20 h (salle BS1_05, 54 bd Raspail 75006 Paris)

Le séminaire « Politiques des sciences » est un lieu d’enquête collective sur les évolutions que connaissent les pratiques d’enseignement et de recherche dans le cadre fixé par les réformes en cours. Quel sens et quel impact ont ces réformes, examinées dans leurs dimensions à la fois structurelles et locales, du point de vue de ceux qui les subissent et les mettent en œuvre ? Elles se succèdent en s’imposant chaque fois par la force des choses, leur évidence présumée servant à écarter tout débat de fond. Aucune de ces réformes successives n’est évaluée, ni dans ses intentions, ni dans ses effets observables. Seules bénéficient de l’attention des médias les intentions proclamées des réformateurs et des managers de la science, qui forment le grand récit de la réforme et de ses objectifs globaux dans le cadre d’une économie internationale de la connaissance et de l’enseignement universitaire. D’où l’intérêt d’enquêtes de sciences sociales sur ce qui constitue habituellement la face inquestionnée des actions publiques en matière d’enseignement supérieur et de recherche, mais aussi dans d’autres domaines qui sont contraints à des évolutions analogues.

Ce séminaire vise donc à réhabiliter un regard réflexif sur les réformes à partir de leur traduction concrète dans les environnements concernés, sur le mode de l’articulation entre le local et le global, l’action et la structure, les arguments, intérêts et clivages engendrés par les réformes. Il est proposé comme lieu de rencontre et de débat aux personnes et aux divers groupes qui, au sein du monde universitaire, ne se résignent pas au nouvel ordre des choses. Il s’agit, en effet, de contribuer à restaurer la possibilité pour l’université de se penser elle-même au niveau même où elle se fait et ou elle est observable et descriptible, y compris dans son rapport avec le reste de la société et le monde qui l’entoure.

Projet collectif d'enseignement, ce séminaire est destiné à tous les publics de chercheurs et d'étudiants qui souhaitent inscrire une dimension critique dans les métiers de la recherche saisis dans leur diversité.

Les enregistrements audio des séances précédentes sont accessibles à partir de ce lien http://pds.hypotheses.org

Jeudi 5 octobre 2017 : « Ce qui est en exception de l’universel de l’Université »

« L’Université n’est pas une alma mater, mais une vache à lait. Il n’est pas obligatoire que seules les canailles parviennent à la traire. Ne pas la croire, ne pas y croire, ne pas la servir, mais s’en servir, tel serait le mot d’ordre. Y faire entendre, serait-ce au détour, la mise en doute d’un, de plusieurs, de tous les universels faciles, le programme n’est pas facile et n’est pas sans risque. Mais il n’est pas interdit d’être rusé quand on est sage. Il est possible au sage de fendre la foule. »
Ces sont les dernières lignes de l’article de Jean-Claude Milner, « L’Université comme foule » (2014, p. 114)*. Le texte est à l’origine du thème proposé à la présente séance du séminaire « Politique des Sciences ».
Une des thèses centrales de l’article est que l’Université mondiale, existant comme foule et en expansion illimitée, appelle une conduite qui problématise, voire qui ruine l’« axiome » qui la sous-tend, à savoir : l’Un de la forme-marchandise, sous la loi duquel les savoirs et les universitaires sont rassemblés, produisant, administrant, enseignant et apprenant aux fins d’assurer l’accélération des échanges et l’accroissement de la performativité du système.
Cette problématisation « est désormais un devoir ». Dès lors, si l’on admet l’analyse, il conviendra d’élaborer le point de conduite à tenir, en exception de l’universel de l’Université, et apte à mettre en doute ou à ruiner celui-ci.

Avec Jean-Claude Milner

  • Modérateur : Plínio Prado

*Lectures

  • J.-C. MILNER, « L’Université comme foule », paru dans les Cahiers d’études lévinassiennes, 10 (2011) ; version modifiée reprise dans L’universel en éclats, Éditions Verdier, 2014. La version de 2011 est consultable en ligne : http://www.academia.edu/11815502/De_lUniversite_comme_foule
  • —, Le Juif du savoir, Grasset, 2006.
  • —, Considérations sur la France. Entretiens avec Ph. Petit, Éditions du Cerf, 2017.
  • P. PRADO, « Un poète égaré au sein de l’Université. Wittgenstein et l’invention du “non-cours” », Revue Lignes, 30 (2009).
  • —, « Le couple Socrate et Alcibiade. Notes sur la relation enseignante à l’heure du libéralisme cognitif », Mélanges en hommage à René Schérer, Constantin Irodotou (dir.), L’Harmattan, 2015.
  • —, « D’un style d’enseignement à Vincennes. Châtelet, Deleuze, Lyotard », François Châtelet, un philosophe au présent, Nathalie Périn (dir.), Hermann, Paris, 2016.

2 novembre 2017 : « Le processus top-down de la réforme de l’enseignement supérieur et la recherche : des principes à la mise en œuvre sur le terrain  »

Placées sous le mot d’ordre de l’« économie de la connaissance », les missions relatives à l’enseignement et à la recherche, l’organisation des établissements, l’évaluation des activités, les pratiques de gouvernement, entre autres, qui étaient celles de l’université ont été fortement affectées au début des années 2000, en France en particulier, par l’introduction de nouveaux préceptes de concurrence, de compétitivité, de professionnalisation, de gestion budgétaire importés du champ de l’entreprise privée. La question de la formation dispensée dans ces établissements est progressivement devenue l’affaire de nouveaux métiers, porteurs d’une nouvelle expertise fondée sur des critères et priorités autres qu’académiques. L’université s’est alors retrouvée prise au sein d’un mouvement de transformation transnational, et sommée de justifier de son activité et de ses résultats dans des termes et selon des procédures qui étaient étrangers à son mode de fonctionnement et à sa culture de lieu de production et de transmission des savoirs. Appréhender cette mutation de la place de l’université dans la société conduit à mettre l’accent sur les relations entre les acteurs, organisations, institutions qui conçoivent et mettent en œuvre continûment et souvent discrètement les instruments et les modalités de l’acculturation du monde académique aux nouvelles exigences d’ajustement de la formation supérieure aux besoins allégués de l’emploi et de l’économie.

S’intéresser à l’infrastructure organisationnelle qui s’est mise en place dans le sillage du mot d’ordre global de faire de l’université un élément crucial de l’économie de la connaissance, est le moyen de comprendre de quelle manière des principes politiques généraux se traduisent en l’énoncé et la mise en acte par une variété d’acteurs des consignes agissant au niveau de l’encadrement et de la réalisation de leurs activités professionnelles quotidiennes. L’occasion est donnée d’examiner la manière dont la coordination et la régulation des activités s’opèrent, via la mise en place de leviers d’action, d’incitation et d’influence adéquats, entre des acteurs œuvrant à des échelles (transnationale, nationale, locale) et dans des milieux différents (politiques, économiques, académiques), à des fins d’homogénéisation des dispositifs et des pratiques. Et de s’interroger sur ce qui reste du lien inconditionnel de l’université avec le savoir, en termes de prise autonome sur le réel, dans une université devenue l’instrument des politiques économiques nationales intriquées dans la mondialisation.

Pour évoquer ces questions, le séminaire politiques des sciences reçoit, en visioconférence depuis l'université de Chypre : Sophia Stavrou, sociologue, université de Chypre. Plus d’informations + bibliographie : http://ucy.academia.edu/SophiaStavrou

  • Modération : Michel Barthélémy

Lecture conseillée pour préparer la séance :

  • Sophia Stavrou (2016): Pedagogising the university: on higher education policy implementation and its effects on social relations, Journal of Education Policy. http://dx.doi.org/10.1080/02680939.2016.1188216
  • Sophia Stavrou (2017), L’université au diapason du marché, Academia L’harmattan.

 

Suivi et validation pour le master : Bi/mensuel annuel (24 h = 6 ECTS)

Mentions & spécialités :

Intitulés généraux :

  • Claude Calame- Littérature et société en Grèce ancienne
  • Francis Chateauraynaud- Modèles sociologiques pour l’analyse des processus de mobilisation
  • Sophie Desrosiers- Textiles et sociétés
  • Christian Topalov- La ville : sciences, pouvoirs, sociétés
  • Renseignements :

    contacter Michel Barthélémy ou Sophie Desrosiers.

    Direction de travaux d'étudiants :

    Michel Barthélémy, sur rendez-vous uniquement.

    Réception :

    Michel Barthélémy sur rendez-vous.

    Niveau requis :

    le séminaire est ouvert à toutes les personnes intéressées.

    Site web : http://pds.hypotheses.org

    Adresse(s) électronique(s) de contact : michel.barthelemy(at)ehess.fr, sophie.desrosiers(at)ehess.fr

    Dernière modification de cette fiche par le service des enseignements (sg12@ehess.fr) : 7 novembre 2017.

    Contact : service des enseignements ✉ sg12@ehess.fr ☎ 01 49 54 23 17 ou 01 49 54 23 28
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