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Base de données des enseignements et séminaires de l'EHESS

Esclavage et post-esclavage : histoires, mobilisations et images dans le monde atlantique (XIXe-XXIe siècle)

S'il s'agit de l'enseignement principal d'un enseignant, le nom de celui-ci est indiqué en gras.

Vendredi de 15 h à 18 h (105 bd Raspail 75006 Paris), du 10 novembre 2017 au 15 juin 2018. Cf. calendrier des séances et salles ci-dessous

Ce séminaire du CIRESC tend à discuter les recherches les plus récentes sur l’esclavage et le postesclavage tout en proposant une réflexion sur des outils de restitution de la recherche, notamment l’image. Il s’organise en deux volets qui peuvent être considérés soit comme complémentaires soit indépendamment l’un de l’autre.

Le premier volet est intitulé : Citoyenneté, agentivité et réparations

Il s’articulera autour de la question de la place des esclavisés, des affranchis, des « nouveaux libres » et de leurs « descendants » dans le monde atlantique. Quel a été le fondement de leurs accessions à la citoyenneté? Pourquoi et comment a-t-on offert, limité, puis parfois repris, la citoyenneté aux anciens esclavisés ? Comment la race et la citoyenneté se sont-elles combinées ? En quoi le républicanisme des révolutionnaires atlantiques était-il universel, en quoi offrait-il des libertés graduelles ? Comment envisager l’agentivité des sujets dans un espace de coercition ? Comment analyser les révoltes d’esclavisés, de « libres de couleur » ou d’affranchis ? Quels sont les modèles de contestations et les revendications exprimées par exemple à partir des sources judiciaires, des récits de planteur, des organisations de « descendants d’esclaves » ?

Les séances s’articuleront autour de ces problématiques en intégrant des débats historiographiques et plus contemporains. Il s'agira ainsi d'interroger tant la sortie de l'esclavage que les mobilisations actuelles autour de réparations liées à l'esclavage. Des séances de lecture de textes sur les réparations au titre de l’esclavage atlantique et dans l’Océan Indien se feront en coordination avec les chercheurs du programme de l’ANR REPAIRS « Réparations, compensations et indemnités au titre de l’esclavage (Europe – Amérique – Afrique) (XIXe-XXIe siècle) ».

Le second volet est intitulé : Regarder et réaliser des films sur l’esclavage

Il s’agira d’une part d’analyser des films documentaires et de fiction ayant pour sujet principal les traites négrières et les usages sociaux contemporains – religieux, mémoriels, politiques, identitaires, touristiques – du passé esclavagiste ; d’autre part, de former les étudiants à  l'enquête filmique au sein de situations contemporaines affectées par ce même passé.

Au cours des séances, nous interrogerons à la fois la généalogie de diverses visions de l'esclavage (au sens littéral et figuré) ainsi que les questions de méthode concernant la recherche, l'écriture, le tournage et le montage. Il s’agira également de cerner les enjeux inhérents à la production et à la diffusion de matériaux audiovisuels sur des sujets susceptibles d’être socialement et politiquement "sensibles". Pour ce faire, nous envisagerons les éléments spécifiques à l'élaboration d'un récit documentaire : enquêter et filmer sur des lieux dits de mémoire ; saisir et problématiser dans ces lieux les narrations locales conjointement au processus de patrimonialisation et de monumentalisation (avec ses oublis) à l’œuvre ; restituer à l'écran les discours locaux et institutionnels sur les traces archéologiques in situ ; analyser les postures significatives d'un « jeu d'acteur(s) » ; suivre et enregistrer avec la caméra des manifestations publiques et des pratiques cérémonielles ; réfléchir au rapport entre filmants et filmés.

10 novembre 2017 (salle 10) : Introduction au séminaire, suivi de :
  • Marie-Jeanne Rossignol (angliciste, historienne, Université Paris Diderot), Présentation de la traduction et de l’édition de Histoire de la Guinée de Anthony Benezet, 1771, bible de l’antiesclavagisme, réalisée par MJ Rossignol et B. Van Ruymbeke (Édition de la Société française d’étude du dix-huitième siècle, 2017)

24 novembre 2017 (salle 8) :

  • Beatriz Mamigonian (historienne, Université de Santa Catarina, Brésil) , « Africains libres » : l’abolition de la traite des Noirs au Brésil (« Africanos livres ». A aboliçao do trafico de escravos no Brasil, Companihia das Letras, 2017)
    La trajectoire des 11 000 Africains déclarés libres au cours de la répression à la « traite des Noirs » au Brésil sert de fil conducteur à une histoire sociale de la construction de l'État brésilien au XIXe siècle. Une construction qui s’est appuyée sur la protection du travail forcé et celle de l'esclavage illégal des 800 000 Africains débarqués après la prohibition. 
  • Maboula Soumahoro (angliciste, civilisationiste, Université de Tours François-Rabelais, Sciences Po), « La couleur de Dieu ? Le cas de la Nation d’islam : territoires, être-noir et réparations » 

    Fondée au début des années 1930 dans la ville de Detroit, aux États-Unis, la Nation d’Islam est une organisation afro-américaine religieuse et nationaliste. Comme d’autres groupes religieux qui sont apparus à la même époque ou qu’ils l’ont précédée, la Nation d’Islam prône l’existence d’un dieu à la fois noir et vivant ainsi que la suprématie noire. En prenant appui sur le Mythe de Yakub, soit le récit de la création du monde selon la Nation d’islam, cette présentation traitera des questions suivantes : l’identité communautaire - dans son positionnement face aux catégories « noire » et « africain(e) -  et de la territorialisation à travers le prisme des réparations.

8 décembre 2017 (salle 4) :

  • Clément Thibaud (historien, EHESS), « Libérer le nouveau monde. La fondation des premières républiques hispaniques. Colombie et Venezuela (1780-1820) (Les Perséides, 2017) »
  • Romy Sanchez (historienne, Université de Caen), « L’exil, une sortie de l’esclavage ? Couleurs, catégories raciales et anti-abolitionnisme dans le séparatisme cubain hors de l’île, 1840-1880 »

15 décembre 2017 (salle 5) :

  • Michaël Roy (historien, Université Paris-Nanterre), « Textes fugitifs. Le récit d’esclave au prisme de l’histoire du livre (ENS Editions, 2017) »
  • Ana Lucia Araujo (historienne, Université d’Howard, États-Unis), « Réparations matérielles et financières pour l’esclavage et la traite atlantique des esclaves avant et après l’émancipation (Reparations for Slavery and the Slave Trade. Transnational and Comparative History, Bloomsbury Publishing, 2017)»

12 janvier 2018 (salle 3) :

  • Jean-Christophe Monferran (cinéaste, CNRS, IIAC), « Filmer, monter : aspects techniques, postures, archives »

26 janvier 2018 (salle 8) :

Eric Komlavi Hahonou (anthropologue, Université de Roskilde de Copenhague, Danemark), Présentation et projection du film Yesterday’s Slaves, coréalisé avec Camilla Strandsbjerg dans le Nord-Bénin

 9 février 2018 (salle 7) : Séance exceptionnelle du « Cycle Caraïbe », organisée par Manuel Covo, Céline Flory et Romy Sanchez

  • Manuel Barcia (Université de Leeds, Grande-Bretagne), « Cannibalism, Superstition, and the Slave Trade : The Peculiar Case of the Portuguese Schooner Arrogante in 1837 »

Cette séance est accueillie par le séminaire du CIRESC "Esclavage et post-esclavage : histoires, mobilisations et images dans le monde atlantique (XIXe-XXIe siècle)" et est réalisée avec le soutien du CERMA du laboratoire Mondes Américains et de l'IDA.

Après des études d'histoire à l'Université de La Havane, Manuel Barcia a obtenu son Master et sa thèse d'histoire à l'Université d'Essex où il a ensuite enseigné. Il a été professeur à l'Université de Nottingham avant d'être recruté à Leeds en 2006. Ses recherches portent sur l'histoire de l'esclavage et de la traite dans le monde atlantique du XIXe siècle. Il a écrit pour The Washington Spectator, The Huffington Post, The Independent, The Daily Telegraph, et Al Jazeera in English.En 2014, il a reçu le Prix d'Histoire Philip Leverhume. Il est actuellement membre non-résident du Hutchins Center's Afro-Latin American Institute (Harvard University) et au printemps 2017 il a été visiting fellow au Gilder Lehrman Center for the Study of Slavery, Resistance, and Abolition (Yale University).

The Portuguese schooner Arrogante was captured in late November 1837 by the HMS Snake, off the coast of Cuba. At the time, the Arrogante had more than 330 Africans on board, who had been shipped in the Upper Guinea coast. Once the vessel arrived in Montego Bay, Jamaica, the British authorities apprenticed those who survived. Shortly after landing, however, the Arrogante’s sailors were accused of slaughtering an African man, cooking his flesh, and forcing the rest of the slaves on board to eat it. Furthermore, they were also accused of cooking and eating themselves the heart and liver of the same man. This article focuses not so much on the actual event, as on the follow up transatlantic process where knowledge was produced and contested, and where meanings and predetermined cultural notions related to morality and natural laws were probed and queried. Overall, this sui-generis case offers hard-wearing evidence to suggest that Africans’ beliefs and fears on white cannibalism were not based solely in folklore, as it has been usually assumed, but that they may have been founded on assumptions about real incidents that took place in the Hidden Atlantic, away from ports, authorities and reliable witnesses.

 9 mars 2018 (salle 10) :

  • Alessandra Brivio (anthropologue, Université de Milan, Italie) et Nicola Lo Calzo (Photographe), Présentation des images réalisées par Nicola Lo Calzo autour du culte vodun Mami Tchamba (dit aussi « vodun des esclaves ») étudié par Alessandra Brivio au Bénin et au Togo

23 mars 2018 (salle 4) :

  • Gaetano Ciarcia (anthropologue, CNRS, IMAF, CIRESC) et Jean-Christophe Monferran (CNRS, IIAC), Présentation et projection du film Mémoire promise

13 avril 2018 (salle A04_47, 54 bd Raspail 75006 Paris) :

  • Joël Noret (anthropologue, ULB Bruxelles, Belgique) ; discutant : Gaetano Ciarcia (CNRS, IMAF, CIRESC), « Esprits des morts ? Esprits des esclaves ? Filmer les masques des « revenants » au Bénin »

1er juin 2018 (salle 8) :

  • Myriam Cottias (historienne, CNRS, LC2S, CIRESC) et Jean-Pierre Le Glaunec (historien, Université de Sherbrooke, Québec), « Victimes », « résistants » : quels mots pour parler de quel esclavage ?

8 juin 2018 (salle 8) :

  • Brice Ahounou (anthropologue, journaliste, responsable des « Mercredis du cinéma ethnographique »), Présentation et projection du film Queen Nanny

15 juin 2018 (salle 8) :

  • Gaetano Ciarcia (CNRS, IMAF, CIRESC) et Jean-Christophe Monferran (CNRS, IIAC) Présentation d’extraits filmés d’un documentaire en cours de montage sur les sites commémoratifs du passé de l’esclavage en France (Bordeaux, Guadeloupe, Nantes)

Aires culturelles : Afrique, Amériques, Atlantiques (mondes), Europe,

Suivi et validation pour le master : Bi/mensuel annuel (24 h = 6 ECTS)

Mentions & spécialités :

Renseignements :

pour tous renseignements pratiques, contacter Céline Flory par courriel.

Direction de travaux d'étudiants :

sur rendez-vous uniquement. Contacter Myriam Cottias par courriel : mcottias(at)ehess.fr.

Niveau requis :

à partir du master 1. 

Site web : http://www.esclavages.cnrs.fr/

Adresse(s) électronique(s) de contact : celine.flory(at)ehess.fr

Dernière modification de cette fiche par le service des enseignements (sg12@ehess.fr) : 11 avril 2018.

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